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AVERTISSEMENT

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Aussi malgre le soin que j'apporte pour mettre le nom de l'auteur et la reference des illustrations sur tous ces textes , il se pourrait que ce soit insuffisant
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Mixité a la synagogue

File:Gottlieb-Jews Praying in the Synagogue on Yom Kippur.jpg

                                                     Gottlieb



Mixité hommes/femmes lors des offices


Le point de vue du   cjl-paris

 Existe-t-il un interdit de mixité hommes/femmes lors des offices à la synagogue ?


Cette question divise profondément les autorités rabbiniques puisque, pour les orthodoxes, il existe une interdiction halakhique de mixité à la synagogue alors que les courants "réformé" et "conservative" ont décidé, dès le 19ème siècle, la fin de la sépation entre hommes et femmes lors des offices.
Pour les orthodoxes, l’interdiction repose sur la séparation entre les sexes sur le parvis des femmes du Second Temple et comme la synagogue est considérée comme un "Temple réduit" (mikdash méat), cette dernière doit perpétuer les règles en vigueur dans le Temple de Jérusalem. L’interdiction porte également sur le rejet biblique de toute "impudicité" qui découlerait d’une promiscuité entre hommes et femmes et marquer une opposition.
Il est vrai qu’il existait dans le Second Temple un espace appelé la Cour des Femmes ; toutefois, ce parvis n’était pas réservé exclusivement aux femmes et aucune source halakhique n’évoque une limite à l’accès des femmes dans le Temple. Le nom de parvis des femmes fut probablement donné en raison du grand nombre de femmes qui demeuraient dans cet espace et de nombreux témoignages indiquent que ce parvis était fréquenté également par des hommes sans qu’il y ait une séparation entre les sexes. De plus les femmes apportaient des sacrifices au Temple.
Une séparation sur le parvis du Temple

Cependant, une séparation, probablement constituée d’amphores, fut édifiée sur ce parvis probablement à l’occasion de la fête du puisement de l’eau (appelée Simhat Brit Hashoéva, cette fête se déroulait le 3ème jour de Soukkot) : cette décision rabinnique fut prise pour éviter toute "frivolité" au cours de cette fête très prisée et joyeuse. Pour modifier la disposition interne du Temple alors que celle-ci est décrite dans la Bible, les rabbins de l’époque ont justifié leur décision de construire cette balustrade en s’appuyant sur un verset du prophète Zacharie qui recommande de séparer hommes et femmes en période de deuil (Zacharie 12:12). Malgré tout, la Michna et la Tossefta affirment que l’édification de cette séparation est un décret des rabbins et non une obligation de la torah : de plus, on ne déduit généralement pas de loi d’un verset provenant d’écrits prophétiques. Il faut aussi rappeler que cette séparation entre hommes et femmes était temporaire et ne concernait que cette fête, une fois dans l’année.
La question de l’impudicité (ervat devar) se fonde sur un verset du Deutéronome qui rejetterait toute promiscuité entre hommes et femmes : "il ne faut pas que Dieu constate chez toi une chose deshonnête" (Deutéronome23:15). Cependant ce passage n’évoque pas la séparation entre les sexes et exige surtout d’éviter toute impureté au sein du camp des Hébreux.

La séparation entre hommes et femmes n’apparaît qu’au Moyen-Âge
Les sources historiques tendent à confirmer l’absence de toute séparation entre hommes et femmes à l’époque du Premier et du Second Temple. Ainsi la lecture publique de la Torah réunissait hommes et femmes ensemble comme l’attestent les versets bibliques (Deutéronome 31:10-12) ou prophétiques (Néhémie 8:1-2). De même, il n’existe aucune preuve archéologique ou littéraire de l’existence de séparation (mekhitsa) ou de galerie pour les femmes au cours de la période antique et talmudique.
Il semble que la mekhitsa ou galerie des femmes soit une coutume développée au Moyen-Âge : la première mention d’une séparation entre les sexes se trouve dans un écrit égyptien du 11ème siècle. Deplus, l’obligation formelle de la séparation entre hommes et femmes dans les synagogues par des autorités orthodoxes n’apparaît qu’à la fin du 19ème siècle, vraisemblablement en réaction face aux nouveaux courants du judaïsme.

Peut-on annuler cette coutume de la mekhitsa ?
Les rabbins orthodoxes s’y refusent car ils interdisent toute modification d’une coutume ancestrale et entendent suivre les décisions du Sanhédrin (tribunal suprême de Jérusalem à l’époque du Temple). Or la séparation entre les sexes relève d’une coutume bien postérieure à la destruction du Second Temple et de nombreuses coutumes ancestrales furent pourtant annulées au cours des générations.
En outre, il est possible de modifier la Halakha et la coutume (minhag) en fonction des changements de circonstances (concept de la idana) et de l’habitude acquise (concept de réguilout). de nos jours, il est possible de remettre en question la coutume de la séparation entre les sexes puisqu’elle est désormais contraire à la situation contemporaine au regard de l’égalité qui prévaut entre hommes et femmes et que l’habitude est maintenant acquise par les hommes de fréquenter les femmes en diverses circonstances sans avoir à craindre la moindre impudeur et réciproquement. En outre, la synagogue fut aussi un lieu de rencontre entre hommes et femmes puisqu’au jour de Kippour les lois sur la sexualité leur étaient rappelées.
En conclusion, les changements de de circonstances et d’époque ainsi que "l’habitude" permettent donc d’affirmer qu’il est permis de supprimer la mekhitsa à la synagogue, coutume aucunement mentionnée dans une source talmudique.

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