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AVERTISSEMENT

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L'Exil d'Israel


         Sur le chemin   Marc Chagall


                                  L’Exil d’Israël

un-echo-israel.net 

Selon le récit biblique, les hébreux n’avaient pas de territoire propre à l’origine. Ils avaient trouvé 
dans le désert un Dieu qui leur proposa de devenir son peuple à condition de l’accepter pour Dieu. Le Deutéronome rapporte le souvenir de cette rencontre : “Au pays de la steppe, Il l’adopte ... Dieu est seul pour le conduire.” Ainsi naquit une nation, au moment où Dieu choisit une bande qui allait lui préparer un endroit ici-bas, alors qu’elle n’en avait pas un pour elle-même. En s’installant en Canaan, une tribu de nomades devint un peuple de paysans attaché à tout jamais à sa terre. De même, en reposant sur la montagne de Sion, la Présence divine inaugura avec Jérusalem un lien dont les implications persistent
.
Le sens de l’exil


Concurremment à l’établissement d’Israël en Canaan, se développa une théologie selon laquelle Dieu ne permettrait jamais le déracinement de son peuple pas plus que la destruction du lieu de sa Présence à Jérusalem. Mais Jérémie, faisant écho à des vues prophétiques déjà perçues, délivra l’oracle de YHWH : “Je vais traiter ce Temple qui porte mon Nom ... comme j’ai traité Silo. Je vous rejetterai de devant Moi.” Cette assertion fit scandale car elle s’opposait aux conceptions du moment. Elle n’était pourtant pas étrangère au souvenir que Dieu et Israël avaient autrefois cheminé ensemble hors de la Terre Promise.
Si Dieu avait conduit son peuple vers cette terre, Il pouvait tout aussi bien l’en chasser. Pareillement, si Dieu n’avait pas eu de demeure fixe au moment de l’Exode, Il pouvait ensuite délaisser le lieu où Il avait finalement choisi de résider.
Les faits confirmèrent l’intuition du prophète. La déportation des élites et la destruction du Temple eût pu être fatale à ce peuple mais Jérémie, prenant une initiative des plus hardies, sauva la tradition cultuelle et ce faisant, la nation tout entière. Au risque d’étonner, il écrivit aux exilés de Babylone avec une confiance qui semblait venir de loin : “Recherchez le bien du pays où Je vous ai déportés. Priez Dieu en sa faveur car, de sa prospérité dépend la vôtre.” Ces mots justifièrent l’éventualité d’une fidélité à l’Alliance en dehors de la terre d’Israël et d’un culte privé de Temple. En donnant à Israël de subsister dans des circonstances imprévues, ils marquèrent un tournant de l’histoire biblique en ouvrant ce peuple sur l’universel.
Cette idée nouvelle favorisa l’émergence d’un Judaïsme à l’étranger. En effet, au terme de la captivité, tous les exilés ne profitèrent pas, loin s’en faut, de la possibilité de retrouver leur pays d’origine. Longtemps après l’Edit de Cyrus qui mettait fin à l’exil, Ezra, de concert avec Néhémie, chercha à reconstituer la communauté exsangue de Juda. Il fallut à ce moment l’intervention d’un prophète d’origine étrangère pour encourager ce mouvement de retour. Venu probablement d’Edom, Ovadia éleva la voix pour inciter au rapatriement des exilés dans un contexte de restauration nationale. Ceux qui, faisant la sourde oreille, préférèrent rester en Mésopotamie, formèrent le noyau d’une communauté plus ou moins autonome d’où sortirait, plus tard, le Talmud de Babylone. Le même processus de dispersion volontaire alla en s’accentuant à l’époque hellénistique, mais cette situation ne manquait tout de même pas de ressembler un exil.

Les prophètes avaient présenté l’exil de Babylone comme un châtiment, ce qui n’était pas le cas de la migration plus tardive, survenue après les conquêtes d’Alexandre, vers les villes du monde méditerranéen. Malgré la présence d’un pouvoir quasi indépendant assuré par la dynastie hasmonéenne, après la révolte des Maccabées, ce mouvement de dispersion ne tarda pas à s’amplifier. Le mot Gola devint alors pratiquement synonyme du grec Diaspora pour désigner les régions où, pour une raison ou pour une autre, des juifs avaient fini par aboutir. Ces déracinés continuaient bien sûr à considérer la terre d’Israël comme leur patrie spirituelle et la montagne de Sion comme un Lieu Saint où devait paraître un jour le Messie, mais la plupart d’entre eux n’avaient, semble-t-il, aucun désir d’y rester à demeure.

L’hébreu biblique ne forgea pas un mot correspondant à diaspora, montrant par là que toute vie en dehors d’Israël était bel et bien un exil [Héb. : Galout]. Dans la Bible, ce mot et son équivalent Gola n’étaient pourtant pas des termes abstraits évoquant une aliénation, une détresse ou un état d’esprit, autant de concepts qui apparurent après la destruction du Temple en 70 avant de se préciser à l’époque talmudique. La servitude d’Egypte devint alors pour les rabbins le paradigme de la Galout avec tout ce qu’elle pouvait avoir d’avilissant, sans nier pour autant les possibilités toujours offertes d’un rebondissement. Ils rappelaient, non sans à propos, que selon la guématrie, l’expression vers l’Egypte [Héb. : Mitsraïma] et le mot désert [Héb. : Shemama] avaient la même valeur numérique de 385, tout comme le mot Shekhina qui, après la disparition du sanctuaire, en vint à désigner la Présence Divine.

Les rabbins interprétèrent la perte du second Temple en reprenant les termes mêmes des lamentations bibliques sur la ruine du précédent. C’était pour eux, une situation dégradante dont le renversement ne pourrait s’opérer que par l’effet d’une intervention divine. Jérémie avait bien dit que le Dieu d’Israël pouvait être adoré partout et donc en exil, mais la profanation du sanctuaire par les Romains, le 9ème jour du mois d’AV, n’était pas sans affliger les esprits, d’autant que cette date était précisément celle de la destruction du premier Temple par les assyriens en – 587.

S’inspirant du prophète d’Anatot, la tradition rabbinique admettait que les fautes d’Israël avaient provoqué non seulement l’exil du peuple mais aussi celui de la Shekhina. Ce changement était traumatisant car il privait le peuple de sa raison d’être. Si la maxime socratique : “Connais-toi toi-même ! ” éclairait le comportement du grec, l’attitude juive était commandée par l’injonction du Talmud : “Sache devant Qui tu te tiens ! ” Le sentiment d’être privé de la Présence ne pouvait que souligner à quel point les conditions de la vie en exil pouvaient être déstabilisantes. C’est pourquoi, la tradition rabbinique ne l’a jamais légitimé et l’a toujours considéré comme un échec national, une blessure cachée à la racine de tout mal.

Paradoxalement, le sens de l’exil perdure même lorsque celui-ci est physiquement aboli. Il peut en effet demeurer – au plan psychologique – un facteur non négligeable dans le comportement individuel et collectif. Aussi, a-t-on pu dire qu’il était plus facile de retirer un juif de l’exil que de retirer l’exil d’un juif. Faisant partie des composantes d’une identité, ce sens de l’exil peut donner accès à un espace intérieur. Ainsi, le trauma causé par l’écrasement de l’an 70 se devine dans le fait que le nom de son auteur, Titus, n’est jamais cité dans le Talmud sans le qualificatif de ‘mécréant’. L’effondrement était tel qu’en le voyant, on pouvait douter que, de longtemps, la nation se ranimât. Si ce qui fait une âme c’est sa douleur, il ne manquait rien à Israël pour trouver la sienne. Longuement familiarisés avec cette constante, les rabbins la rappelaient à l’attention de leurs disciples, si tant est qu’ils l’eussent oubliée : “Dieu brise les instruments dont Il se sert ! ”
Loin de démoraliser, la prise de conscience du pourquoi de l’exil donnait des raisons d’espérer. Aux esprits ouverts qui acceptaient de rompre avec les habitudes, il offrait l’occasion d’un rebond de créativité. Dans un peuple – devenu une fragilité plus qu’une force – ils allaient stimuler le génie du renouveau. Toujours à la recherche de significations cachées, les scribes observèrent plus tard qu’en ajoutant au mot Gola la lettre aleph – la première du mot Elohim – on obtenait le terme Géoula qui désigne le salut. On se consolait à la pensée des hauts faits du passé survenus en terre étrangère. Les plus grands moments de la Révélation étaient en effet survenus en dehors d’Israël : l’appel d’Abraham à Haran, après son départ de Chaldée, le don de la Tora au Sinaï, et les compilations des traditions bibliques effectuées à Babylone.

La créativité de l’Exil


Le dépositaire de la promesse qui lia le peuple à la terre, le fondateur de la nation, était né hors d’Israël. Il en fut le premier immigrant mais aussi le premier émigrant car, après avoir beaucoup sacrifié en laissant les siens, Abraham quitta la Terre Promise qu’il avait finalement atteinte et choisit de vivre pour un temps en Egypte. Quant à Jacob, il s’attarda sur les traces de son aïeul en Mésopotamie, puis en Egypte où il mourut. Si le lien – apparemment normatif – des patriarches avec la Terre Promise était déjà ambivalent, on ne pouvait oublier que, ni la naissance du peuple ni la prise de conscience de sa maturité, n’avaient eu lieu dans le pays qui lui était destiné. Ayant connu un état de gestation en Egypte et à Babylone, la nation avait en quelque sorte été créée en exil, aussi, l’association élémentaire entre nation et terre ne lui était peut-être pas aussi naturelle qu’il n’eût paru.
Au terme d’un long séjour en Egypte, la Tora, autrement dit, le système de valeurs définissant l’identité du peuple et ses finalités, fut donnée hors d’Israël dans une région qui n’appartenait à personne. L’Alliance fut conclue au mont Sinaï, au cours d’une simple étape dans le désert qui menait à la Terre où coulaient le lait et le miel. Cette constatation suggère que la Révélation pouvait finalement se produire partout et explique peut-être le fait, qu’au cours de son histoire, le peuple juif n’a jamais dédaigné un tel no man’s land, spécialement aux moments difficiles.
Pour assumer la responsabilité d’un tel message, le peuple ne pouvait toutefois errer indéfiniment dans les solitudes. Pour s’en acquitter, il devait se fixer quelque part et fut conduit au carrefour de trois continents. Cette simultanéité de l’organisation d’un peuple, de la fondation d’une religion et de l’occupation d’une terre demeure un cas unique dans l’histoire de l’humanité. L’entrée en Canaan revêtait une signification spirituelle car la force seule ne pouvait en assurer la possession qui, elle, dépendait de conditions strictes. Le statut du peuple ne coïncidait pourtant pas avec celui de la terre car la jouissance de celle-ci était conditionnelle, tandis que la survie de celui-là ne l’était pas.

Après la partition du royaume de Salomon en deux groupes rivaux, la zone nord fut conquise par les Assyriens en -721 et ses dix tribus exilées. La conduite de cette population avait toujours été différente de celle de la tribu plus traditionnelle de Juda et, comme on pouvait s’y attendre, perdit de vue sa spécificité au milieu de cultures étrangères. Bloquée dans une histoire qui refusait d’avancer, elle oublia son propre caractère, se fondit dans les autres nations et disparut. Mais lorsque le peuple de Juda fut écrasé et partiellement exilé après la prise de Jérusalem en -587, il conserva son identité, se distingua des autres cultures et survécut. Lui seul possédait le secret permettant de subsister en tant que nation privée de sa terre. Il sut maintenir l’originalité de la Maison d’Israël dans la différenciation. La tradition rabbinique a sanctionné cette attitude en affirmant : “Tu nous a choisi !” Aussi, le désir d’être comme les autres a-t-il toujours revêtu une connotation négative dans la psyché d’un peuple pourtant bien conscient du caractère inquiétant de la singularité.
A Babylone, la priorité n’étant plus à l’action mais aux idées, les exilés prirent goût à l’étude et aux écrits. Le sens de leur identité s’exprima dans une activité prophétique et une œuvre de compilation de textes qui allait marquer le teneur même de la Bible. La destruction de Jérusalem avait dépouillé le sanctuaire de ses trésors et de l’Arche d’Alliance mais, “aux bords des fleuves de Babylone”, des prêtres préparaient déjà le rituel d’un lieu de prière qui n’existait pas encore. Ne pouvant “chanter sur une terre étrangère” des psalmistes y composaient les hymnes qui allaient animer – pour la première fois – la liturgie du Temple attendu, tant il est vrai que l’édifice érigé par Salomon ne connut jamais qu’une vie cultuelle des plus succinctes. Au départ de Jérusalem, une calamité les avait démunis d’objets sacrés, mais au retour, ils arrivaient avec l’ébauche de ce qui deviendrait les Saintes Ecritures.
L’intervention prophétique avait rendu le Judaïsme transportable car la prière communautaire avait, durant l’exil, remplacé le service du Temple en donnant à penser que l’on pouvait s’adresser à Dieu sans le truchement d’un sacerdoce. Un rite déterminé avait cédé le pas à une expression religieuse qui allait enrichir le patrimoine spirituel de l’humanité. Sous la pression des événements, la liturgie synagogale prit le pas sur le culte sacrificiel. Cette mutation allait s’avérer irréversible et poursuivit son évolution même après la reconstruction, laborieusement poursuivie, du Temple au retour de l’exil.
Confrontés aux problèmes posés par la reconstruction du Sanctuaire, les premiers Judéens rentrés de Babylonie se seraient vite découragés, n’eût-ce été l’intervention des prophètes Aggée et Zacharie qui réveillèrent les énergies et encouragèrent le gouverneur Zorobabel et le Grand Prêtre Josué à poursuivre le relèvement des ruines du Lieu Saint.

Mais, face à la concurrence imprévue de la nouvelle institution synagogale, le Temple n’était plus ce qu’il avait été. Le Talmud finit par reconnaître : “Le second Temple nous a été donné pour notre consolation.” Pressentant qu’une simple image avait été substituée à la réalité, certains rabbins nièrent plus tard le fait même de la Présence divine dans le second Temple.
Selon la normale, un peuple banni de sa terre devient culturellement stérile et régresse tôt ou tard vers la stagnation ou l’assimilation. Une fois de plus, Israël fut l’exception. On peut même penser que, sinon l’exil, il n’y aurait pas de Judaïsme aujourd’hui, tout au moins tel que nous le connaissons. L’adversité favorisa la promotion de son patrimoine spirituel, au point que la sémantique tend à souligner cette valeur créatrice de cette adversité. Comme le mot ‘exil’ [Héb. :Galout] dérivait de la même racine que ‘révélation’ [Héb. : Gillouï ], on était porté à sonder les virtualités secrètes de cette épreuve nationale. Relevant ce défi, Israël arriva à se dépasser, non seulement en préservant l’acquis mais en produisant de nouvelles formes religieuses et culturelles dont les implications persistent.

La mystique de l’exil


Si Dieu avait été avec Israël au cours de ses exils antérieurs, Il pouvait tout autant accompagner son peuple dans ses nouvelles tribulations. Le souvenir de l’Exode, où Dieu avait suivi Israël pendant les quarante années de son errance au désert, encourageait à penser qu’Il était finalement plus présent au peuple qu’au lieu. Selon les rabbins, la Shekhina, autrement dit, cette Présence, avait suivi Israël en exil et l’accompagnerait aussi longtemps qu’il suivrait la Tora. Aussi, le Talmud affirmait-il : “Lorsque deux hommes sont assemblés pour échanger les mots de la Tora, la Shekhina repose au milieu d’eux.” Partageant cet optimisme, les mystiques évoquaient une Shekhina protégeant les siens dans leurs pérégrinations, tout en demeurant près du Mur occidental du Temple. Pour eux, la Shekhina se tenait là, dans l’attente du retour des exilés.
La Kabbale où s’exprime la tradition mystique d’Israël, a conçu une théologie élaborée de l’exil. Au 13ème siècle, le Zohar, l’ouvrage classique de ce courant de pensée, présenta la Shekhina comme l’aspect femelle de la divinité qui doit s’unir à son correspondant pour éviter que le monde ne perde son équilibre et ne retourne au chaos. Tant que le Temple était présent, la Shekhina et le Saint Roi étaient toujours ensemble, mais, depuis sa destruction, ils ne se retrouvent plus que durant le Shabbat. C’est pourquoi, la Kabbale présente le Shabbat comme la célébration du mariage de Dieu et de la Shekhina dans un langage mystique qui a profondément marqué la pensée hassidique.
Au 16ème siècle, Louria, un mystique de Safed en Galilée, amplifia la perspective du Zohar qui voyait en tout être un exilé, depuis le lendemain de la Création où s’était manifestée la faiblesse de la nature humaine. Il rappelait qu’en endossant la responsabilité de tout rétablir à sa vraie place, le peuple juif montrait comment sa destinée pouvait s’inscrire dans le drame même de l’univers. Des traces de divin sont en effet disséminées partout mais demeurent captives sous l’emprise du mal et doivent donc être rachetées. Cette œuvre de rédemption appelée Tikkoun [Litéralt. : Restauration] est la mission d’Israël qui, en sanctifiant le temps au milieu des nations, peut hâter l’avènement de ce monde restauré.
Les auteurs spirituels ont souligné l’analogie entre l’exil du peuple juif loin de sa terre et le départ d’Adam et d’Eve du Paradis Terrestre car il s’agit du même état violent de séparation. Mais, dans l’esprit des promesses irrévocables, Israël peut contribuer à la réunion permanente de Dieu et de la Shekhina qui provoquera, ici-bas, la fin de l’exil. “Ce jour-là, le Seigneur sera Un et son Nom Un ! ” L’exaucement de ce vœu aura des répercussions cosmiques. Si l’exil donne de ressentir les effets regrettables de l’arbre de la connaissance du bien et du mal comme le montre le conflit entre la vie à la mort, le jour viendra où paraîtra le pouvoir universel de l’arbre de vie.
La reviviscence du peuple revenu à sa terre allait devenir pour tous un symbole d’espérance. Le Talmud soulignait déjà la valeur universelle de ce rétablissement : “Le jour du rassemblement des exilés sera aussi grand que les jours de la création du ciel et de la terre.” Dans l’attente, un sentiment d’exil pénétrait au plus intime de la personne et faisait penser à celui que dût ressentir le premier homme en sortant du Jardin d’Eden. A la suite de son erreur, Adam alla en effet se cacher avec Eve “au milieu des arbres du jardin.” Pris de pitié, Dieu lui demanda : “Où es-tu Adam ?” Il aurait pu répondre : “En exil ! ” car, devenu étranger à lui-même, il ne pouvait plus rester là où il avait été heureux.


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