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AVERTISSEMENT

Amis lecteurs
Je ne fais ce Blog que pour vous faire decouvrir les tresors du Judaisme
Aussi malgre le soin que j'apporte pour mettre le nom de l'auteur et la reference des illustrations sur tous ces textes , il se pourrait que ce soit insuffisant
Je prie donc les auteurs de me le faire savoir et le cas echeant j'enleverais immediatement tous leurs textes
Mon but etant de les faire connaitre uniquement pour la gloire de leurs Auteurs

La Femme dans la tradition Juive


La mariée  Marc Chagall

La femme et l'amour dans la tradition juive
Les philosophes au cours des siècles, les mouvements féministes et anti-féministes modernes, les mouvements de pensée les plus divers n'ont guère cessé de discuter du problème sans le résoudre, ni en offrir une quelconque solution.
A cette grande confusion occidentale, il est tentant d'opposer la sobriété bouleversante du récite biblique, telle qu'elle apparaît d'abord dans Berechit, le récit de la Création:

"Et Dieu créa l'homme à son image.
C'est à l'image de Dieu qu'Il le créa mâle et femelle, Il les créa"

Le tout premier récit de la création met immédiatement l'accent sur le fait que la création originelle était à la fois principe féminin et principe masculin, qu'elle est dualité, alors que Dieu seul pouvait être Unité absolue.

Ce simple verset suggère déjà quel point l'être humain, que l'on appelle Adam, est complexe: il doit embrasser les deux principes essentiels de la vie, féminin et le masculin, pour mériter le nom d'homme.

Nos Sages l'avaient bien compris quand ils disaient en se référant à ce verset, que Dieu avait créé un être hermaphrodite à deux faces, homme-femme (Traité Bétahot 61a, Eruvin 18 a, Béréshit Rabba 8,1...)
 
Néamoins, "Bara Otam" est bien l'expression d'un pluriel: "Il les créa" mâle et femelle. Le texte biblique évoque ici la création d'un couple idéal dans lequel l'union des deux principes est absolue, achévée. C'est l'idée que reprendra Rabbi Akiba, à Bnei Brak, devant ses disciples, en affirmant que l'homme, sans la femme est une créature inachevée, imparfaite , incomplète.

Dans la suite du récit,que l'on appelle souvent, et à tort, le second récit de la Création, Eve est créée au terme d'une attente: Adam est entouré de toute les créatures mais "pour lui même" il ne trouva pas de compagne qui lui fut assortie"
(Béreshit 1-1, 20 ). Au moment où Dieu installe Adam dans le Jardin d'Eden, il exige , pour ainsi dire, la séparation masculin, féminin, Adam va chercher Eve et la trouve, Dieu dit:

"Il n'est pas bon que l'homme soit seul. Je lui ferai une aide digne de lui".

En fait , la traduction littérale de Ezer Ke Negdo est "une aide lui faisant face".
Il n'est question ci ni de domination, ni de soumission, mais d'égalité parfaite, de diffrence acceptée, de complémentarité. 
Et Rachi commente: "Si l'homme le mérite , elle sera une aide: s'il ne le mérite pas, elle sera face à lui, adversaire"
Au même moment, la description de la Création d'Eve veint de façon trés imagée, indiquer que la femme est façonnée non point comme l'homme, d'argile et du souffle de Dieu, mais d'une amtière vivante uniquement, la côte ou le côté d'Adam. Elle est donc plus proche de la vie, du concret. Et cet aspect là aussi est fondamental.

A propos de la côte d'Adam, une anecdote du Talmud raconte que les Sages plaisantaient sur la fragilité de la femme, sur l'impossibilité d'une égalité physique, ce à quoi Bérurya, la femme de Rabbi Meîr, leur rétorqua:

" Le texte de Bérechit ne vous donne pas raison.
L'homme qui n' a été créé qu'à partir de la poussière ne peut avoir l'endurance de la femme formée à partir d'un os, dela côte d'Adam."

Ces quelques versets si brefs suggèrent plus que mille discours que la femme n'est pas l'homme au féminin, comme le proclament les mouvement de la libération de la femme. Elle est radicalement autre, dans sa structure, sa fonction et son nom, mais en même temps , complémentaire, indispensable. Non une copie, mais un autre visage.
Et comme toujours dnas le texte biblique, nous est exposée la solution idéale et plus loin, sa réalisation imparfaite que sera le couple Adam-Eve. 

L'erreur d'Adam, qui s'écrie: "Celle-ci est l'os de mes os, la chair de ma chair", est de prendre Eve pour son double, son mirroir, de ne pas la voir comme distincte de lui, comme l'Autre. Le texte est d'ailleurs révélateur: tout au long du fameux récit du Jardin d'Eden, Adam parle à Dieu, la femme parle au serpent, Dieu parle à la femme, à l'homme, mais à aucun moment, Adam et Eve ne se parlent.

Le dialogue homme-femme n'a pas encore commencé.
Beaucoup plus tard, Abraham et Sarah, s'affirmeront comme vrai couple, mais au prix de certains changements radicaux de leur être.
Tous deux s'appelent au début: Abram et Saraï. Et Saraï est stérile, ce qui dans le langage de la Torah, inidque que ls deux partenaires ne sont pas encore mûrs pour façonner un nouvel être humain. Quand la famine éclate en Canaan et qu'ils descendent en Egypte, Abram s'adresse à sa femme, et lui dit en chemin:

"Certes, je sais que tu es belle.Il arrivera que quand les Egyptiens te verront ils diront: "C'est sa femme" et ils me tureont et te conserveront la vie. Dis, je te prie que tu es ma soeur".

Les commentateurs se sont longuement interrogés sur ce passage mystérieux.
Que signifie ce discours ?
Pourquoi Abram déclare-t-il à sa femme qu'elle est belle, alors qu'un long voyage à dos d'un chameau ou d'âne à travers un paysage aride, que les fatiques du périple, la poussière et la chaleur ne sont pas fait pour préserver la beauté d'une femme?
En réalité, Abram, pour la première fois, sort de son égoïsme de mâle sûr de sa possession pour découvrir sa femme en tant qu'Autre, être indépendant et beau qui peut lui être ravi.
Il la voit enfin avec d'autres yeux, comme celle qui lui fait face, qui n'est pas partie intégrante de lui-même. Il la devine comme complémentaire proche et pourtant lointaine et il l'appelle sa bien-aimée, "ma soeur, ma fiancée".
Dés cet instant, tournant radical dans leur amour, leur destin va changer, et tous deux recevront ensemble une nouvelle lettre à leur nom, le , qui est une des quatre lettres du Nom Divin, la vie et l'éternité. Ils s'appelleront désormais Abraham et Sarah.

Abraham reçoit donc un don de Dieu, mais en fait un à son tour au Créateur, dans l'acte dela circoncision, qui est le dévoilement de l'être, achèvement de la créature, voulue par Dieu et exécutée par l'homme.

Aussitôt,aprés Sarah, sort de son état de stérilité car le couple s'est enfin reconnu et enfante Itzak par qui passera la chaîne des générations d'Israël.

La lente découverte de chaque partenaire par l'autre culmine dans le Cantique des
Cantiques qui est l'apprentissage de l'amour, quête, lutte: 

"Je vous conjure, Fille de Jérusalem, ne réveillez pas l'amour avant qu'il ne le veuille".
"Je cherche et ne le trouve pas, je l'appelle et il ne répond pas".


Aujourd'hui, encore quatre mille ans aprés Abrahm, les Juifs vivent leur amour au rythme de cette vieille tradition millénaire qui les guide et illumine leur chemin.

Quand le fiancé rejoint la fiancée sous le dais, il lui dit :
"Voici, tu m'es consacré par cet anneau selon la Torah de Moïse et d'Israël"
Et tous deux sont revêtus du talith dont les franges symbolisent les 613 commandements.

La vie privée du couple ne suivra pas n'importe quel cours. Durant 12 jours tous les mois, l'homme n'aura pas de relations avec sa femme qui "nidda" c'est à dire impure. Les critiques ont été sans fin à ce sujet.
Pourtant, ce sang est un sang de mort puiqu'il vient éliminer une nouvelle concepion, une nouvelle vie.
Il est normal que le couple ne mélange pas la vie et la mort et s'abstienne de tout contact. De la même manière, la séparation de la viande et du lait , l'un symbole de mort, l'autre de vie est essentielle dans les règles de la Cacherout., afin d'éduquer l'homme à distinguer radicalement les duex domaines cela en opposition à toutes les civilisations qui les ont intimement mêlées.

D'autre part, l'homme apprend à maîtriser son instinct, à ne pas considérer, la femme comme un objet de plaisir. Il la verra comme un autre, au rythme biologique différent.

Enfin, comme les Sages du Talmud l'enseignement clairement cette séparation dans le couple suscite la redécouverte et le fait renaître le plaisir.

La notion de pêché de chair, comme pêché orignel qui à traves le Christianisme a empoisonné une civilisation entière, est inconnue dans la Torah, où le péché d'Adam n'a rien à voir avec sa vie sexuelle, l'interdiction de toucher l'arbre étant antérieure à la création de la femme. La séxualité la Torah la trouve bonne et nécessaire.
"Il n'est pas bon que l'homme soit seul".

Les Proverbes le confirment :
"Celui qui a trouvé une femme a trouvé le bonheur et a obtenu la faveur de Dieu" (18/22).

Les Sages ont toujours considéré le célibat comme un état contre nature, une mutilation de l'être, et le mariage comme ce qui épanouit l'homme et le réalise en tant qu'être humain :
"Celui qui n'a pas de femme n'est pas un homme complet"(Talmud de Babylone).
L'instinct sexuel est important disent ils,car "sans lui l'homme ne bâtirait pas demaison, ne prendrait pas de femme et n'engendrerait pas d'enfants".
D'ailleurs les Prophètes et Sages utilsient tous les ymboles du mariage pour désigner un type de relation parfaite (Celle de Dieu et d'Israël, Celle de la Torah et d'Israël,d'Israël et du Sabbat).

Pour Rabbi Akiba: Les mots Ish et Isha ont en commun deux lettres: le Alef et le Shin qui ensemble forment le mot esh: feu.
Et deux lettres qui les différencient le Yod et le Hé qui sont le nom de Dieu.

Si leur union est belle, vraie, alors la Shehina réside au mileu d'eux, mais si leur amour n'est que mensonge alors c'est un feu: qui les dévore" (Talmud de Babylone".

Plusieurs symboles désignent la femme dans la Tradition, tel celui de la vigne, qui est l'essence de la vie, féconditié, joie, perennité. Dans le Talmud, la femme est une lampe, une source de lumière ou une maison assurant refuge et protection et les maximes qui vantent amour et respect de la femme sont innombrables :
"Honore ton prochain come toi-même et ta femme plus que toi-même".

"La mort d'une femme de bien et pour celui qui l'a perdue un malheure égal à la ruine de Jérusalem".

"Sans la femme, l'homme ne connaît ni bien, ni aide, ni joie, ni bénédiction, ni paix, ni vie"".

L'amour évoqué dans le Tanah avec une délicatesse inifinie est partout présent et prend mille visage- amour discret, secret d'Yitzak pour Rivka, amour passionné de Yacoov pour Rahel, amour perdition de Shimshon pour Dalila, amour tragique de David pour Batsheva, amour baignant dans la sensualité la plus érotique du Cantique des Cantiques, où le désir s'affirme dans toute sa force:
"Qu'elles sont belles tes caresses, ma soeur, ma fiancée. Qu'elles sont bonnes tes caresses, meilleures que tous les baumes."
Néamoins jamais le Judaïsme ne montrera la moindre complaisance pour les pratiques amoureuses, exaltées dans d'autres civilisations, que sont l'inceste, l'homosexualité, la copulation avec des bêtes, la prositution sacrée, qui , comme l'adultère, sont soumis à des interdits sans appel.

De même, jamais la femme, comme dans le mythe Chrétien de la Vierge, ne sera l'objet d'idolatrie. Jamais l'amour ne baignera dans les miasmes impurs de ces passions troubles où se mêlent volupté, sadisme, sang et mort. Les mythes de Don Juan et de Tristan sont étrangers à l'esprit juif.
L'amour comme le corps est sanctifié et nepeut s'attacher à ce qui dégrade l'homme et l'éloigne du divin...
Dans une telle perspective, l'enfant du couple juif devient bénédiction et ce n'est pas un hasard que toute l'Histoire d'Israël s'exprime en termes de Toledot, de générations.

Nous sommes loin de la vision grecque de Chronos dévorant ses enfants, de Zeus maudissant son père Saturne, d'Agamemnon sacrifiant sa fille Iphigénie, d'Oedipe tuant son père Lalos et épousant sa mère Jocaste, d'une humanité où règne la destruction des générations, loin égaleemnt del a terrible phrase des Evangiles (Mathieu 1à, 21):
"le frère livrera son frère à la mort e tle père son enfant. les enfants se dresseront contre leurs parents et les feront mourrir".

Nadine SHENKER
Docteur- es Lettres

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