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AVERTISSEMENT

Amis lecteurs
Je ne fais ce Blog que pour vous faire decouvrir les tresors du Judaisme
Aussi malgre le soin que j'apporte pour mettre le nom de l'auteur et la reference des illustrations sur tous ces textes , il se pourrait que ce soit insuffisant
Je prie donc les auteurs de me le faire savoir et le cas echeant j'enleverais immediatement tous leurs textes
Mon but etant de les faire connaitre uniquement pour la gloire de leurs Auteurs

Midrash Abba Gouryôn sur Esther



La Reine Esther face au Roi Assuerus,
huile de Francesco Cauciq (1755-1828)
Musée d'Art de l'Université de Virginie





INTRODUCTION

Le Midrash Abba Gouryôn (env. 10ème siècle), qui était fort connu au Moyen Age, n’a été édité qu’au dix-neuvième siècle.
Aharôn Adolph Jellinek le publia en premier, d’après le manuscrit Cod. hebr. XXXII de la Bibliothèque Municipale de Hambourg, en 1853 à Leipzig, et le plaça à la tête de son recueil Beith Ha-Midrash. Salomon Buber le réédita en 1886 à Villena,d’après six manuscrits, dont le principal, non daté, est celui de la Biblioteca Casanata de Rome. En 1976 Z. M. Rabinovitz publia, dans son Ginzé Midrash, une version distincte de la dernière, d’un manuscrit oriental du 10ème siècle, dont une partie se trouve à Cambridge, et l’autre à St. Petersburg. Une équipe de chercheurs, sous l’égide du Prof. Yosseph Tabori de l’Université Bar-Ilan (Tel-Aviv), prépare une édition critique de tous les midrashim d’Esther, dont celle du Midrash Abba Gouryôn sera basée sur une douzaine de manuscrits.
Le texte de Buber, qui est à la base de notre traduction,commente seulement les sept premiers chapitres des dix chapitres de Méguillath Esther. Les chapitres 1, 3 et 6 sont commentés presque complètement, les autres, très partiellement.
A part l’exégèse narrative du livre d’Esther le texte contient quelques extensions, comme par exemple : A propos d’Est 1,2 :
la description du trône de Salomon ; A propos d’Est 3,7 : le mérite des jours de la semaine, des mois et des signes zodiacs ; A propos d’Est 3,9 : L’énumération des héros, qui se sont soulevés contre Israël sans succès ; A propos d’Est 3,12 : l’édit royal est joint comme dans les suppléments de la Septuaginta.
Abba Gouryôn est en grande partie rédigé en hébreu. Les quelques passages en araméen se trouvent également dans Esther Rabba, à l’exception de la version araméenne du dernier paragraphe du troisième chapitre.
La position d’Abba Gurion par rapport aux autres Midrashim d’Esther fait controverse entre les chercheurs. Alors que Jellinek dans l’introduction de son édition considère que le Midrash est à la base d’Esther Rabba, Wünsche le considère comme version raccourcie d’Esther Rabba. Une comparaison d’Abba Gouryôn (selon l’édition de Buber) et d’Esther Rabba II montre qu’Abba Gouryôn présente souvent une version plus longue et plus détaillée
L’utilisation d’Abba Gouryôn dans différentes compilations montre que ce Midrash était plus répandu qu’Esther Rabba et a rempli la fonction du Midrash principal d’Esther pendant une longue période, au moins en Europe. A part le rédacteur d’Esther Rabba II, celui du Midrash Méguillat Esther connaissait aussi Abba Gouryôn. En outre, les citations connues sous le nom d’Aggadath Mégillath Esther dans les commentaires de Rachi (11ème siècle) sont tirées d’Abba Gouryôn. Toubia b. Eli‘ezer (11ème siècle), ne connaissant pas Esther Rabba, utilisait intensivement Abba Gouryôn dans son Leqah Tob. D’après Buber, le Targum I, le Targum II d’Esther, ainsi que Yalkut Chim‘oni utilisaient tous Abba Gouryôn




CHAPITRE I

Abba Gouryôn de Sidon introduisit cinq dictons :
Aussitôt que les faux juges se sont multipliés, les faux témoins se sont multipliés.
Dès que les délateurs se sont multipliés, la confiscation des biens personnels a augmenté.
Dès que l’insolence s’est répandue, la dignité humaine a disparue.
Dès que le petit a dit au plus grand : je suis supérieur à toi, la durée de la vie humaine s’en est trouvée réduite.
Dès que les fils aimés ont agacé leur Père céleste, Il a dressé sur eux un roi hypocrite. De qui s’agissait-il ? D’Ahashwerosh,ainsi qu’il est dit : que règne l’hypocrite à cause des péchés du peuple.
Pourquoi l’appelle-t-on hypocrite ? Car il a tué (sa femme à cause de son ami et son ami à cause de sa femme) Vashti à cause de Haman et Haman à cause d’Esther, (y a-t-il un hypocrite pire que celui-ci ?).
Du moment qu’il est devenu roi, tout le monde s’est mis à se lamenter : way ! way ! [Hélas ! Hélas !] Wayhi bimé Ahashwerosh.

Est 1,1 (Wayhi bimé Ahashwerosh) R. Berekhia introduisit [sa leçon, par] : 
Qui a oeuvré et accompli ?
Celui qui appelle les générations dès l’origine. Dès le commencement de la création du monde, Ha-Qadosh-Baroukh-Hou [HQBH, le Saint Béni-Est-Il établit le premier de toutes les générations :
Adam, premier des créatures.
Caïn, premier des meurtriers.
Abel, premier des victimes.
Noé, premier des rescapés.
Abraham, premier des circoncis.
Isaac, premier des ligotés.
Jacob, premier des intègres.
Juda, premier parmi les tribus.
Joseph, premier des pieux.
Aaron, premier des prêtres.
Moïse, premier des prophètes.
Josué, premier des conquérants.
Otniel, premier des répartiteurs.
Samuel, premier de ceux qui oignent.
Saül, premier des oints ;
David, premier des musiciens ;
Salomon, premier des constructeurs ;
Nabuchodonosor, premier des ravageurs ;
Ahashwerosh, premier des vendeurs ;
Haman, premier des acheteurs.
Aussitôt qu’ils virent qu’Ahashwerosh vendait et Haman achetait, ils se mirent tous à gémir : way ! way ! Wayhi bimé Ahashwerosh.

Est 1,2 En ces jours-là, le roi Ahashwerosh étant établi [sur le trône de son royaume]
Lorsque le roi Ahashwerosh voulut siéger sur le trône de Salomon, l’Assemblée d’Israël dit devant HQBH : Maître du monde ! N’avilis pas le trône de ta gloire !
Comment alors ce trône lui est-il parvenu? Après la mort de Salomon, Shishaq, roi d’Egypte, vint et monta [vers Jérusalem] et s’y empara [du trône] comme dot pour le mariage de sa fille,ainsi qu’il est écrit : La cinquième année du règne de Roboam,Shishaq, roi d’Egypte, monta contre Jérusalem.
Sennakérib l’ôta d’Egypte et lorsqu’il monta en guerre contre Jérusalem, le ramena vers la terre d’Israël. Après la défaite de Sennakérib, Ezékias le reprit et triompha (dans tout son royaume), comme il est dit : Ezékias réussit dans toutes ses entreprises.

De Salomon il est écrit : Et tout les rois de la terre désiraient voir le visage de Salomon, et d’Ezékias : Beaucoup apportait des offrandes [à Jérusalem] pour l’Eternel, et des présents à Ezékias. De Salomon il est écrit : Et tous les rois de la terre désiraient voir le visage de Salomon, et d’Ezékias : En ce temps-là, Mérodak… envoya [des lettres et des présents à Ezékias].
Et lorsque Ezékias vit le trône il dit : Que pensait Salomon mon père en faisant six marches au trône ? Evidemment, elles correspondent aux six enfants, marqués par six vertus, prévus pour la postérité de David et que voici : Salomon, Josias, Daniel, Hananya, Mishaël et Azarya. Or, par inspiration divine, il le fit
[également] en vue des six rois qui siégeront sur lui et que voici :
Salomon, Roboam, Ezékias, Amôn, Manassé, Josias.

Pharaon Néko monta et fit la guerre contre Josias, et s’empara de lui [du trône] pour y siéger. Ne connaissant pas son règlement [son mécanisme], le lion le frappa sur sa cuisse, et il devint boiteux. [C’est pourquoi] il s’appela Pharaon Néko, qu’on traduit [Nekho, en Araméen] par boiteux. Lorsque Nabuchodonosor le
trouva en arrivant en Egypte, puis l’emporta à Babylone et voulut s’y asseoir pour juger Sédécias à Rivla, l’Assemblé d’Israël dit devant HQBH : « (Maître du monde) Que la parole : [Car notre Rocher (Dieu) n’est point comme le leur], nos ennemis en sont juges, se réalise en notre faveur ». Comme lui non plus ne connaissait pas le règlement de son mécanisme, le lion le frappa sur son côté gauche et il tomba [du trône]. A son sujet l’Ecriture dit : Comment es-tu tombé du ciel, astre, fils de l’aurore ? Mais est-ce du ciel qu’il tomba ? Non, c’est du trône sur lequel il est écrit : Ainsi Salomon s’assit sur le trône de l’Eternel qu’il tomba. Et lorsque Darius fut roi et mit Babylone en ruine, il le prit et l’emporta à Elam, qui se trouve en Médie.
C’est ainsi qu’il est écrit : J’érige mon trône en Elam.

Néanmoins, il ne s’assit pas dessus, et lorsque Ahashwerosh son fils fut roi il convia des savants pour lui fabriquer un [trône] semblable, mais ils ne réussirent pas à en faire un de semblable.
Et comment était-il fait ? Il était garni de pierres précieuses et de perles. On n’en a jamais fait de semblable pour aucun roi. Il avait six marches, et on montait sur [ces] six marches [pour s’asseoir dessus], il avait également six voies [d’accès] de six marches chacune, et sur chaque marche il y avait deux lions. On
montait depuis le mécanisme. Quand le roi mettait ses pieds dessus [gravissait la première marche ; autre version : s’apprêtait à monter], les lions allongeaient, en les écartant l’une de l’autre,leurs pates, sur lesquelles un texte était écrit. En se tournant vers sa droite, il lisait : Vous ne reconnaîtrez pas de face dans le
jugement. En se tournant vers la gauche, il lisait : Ne prends pas de pot-de-vin. Sur la totalité des douze lions, de tels versets étaient inscrits. Chaque marche était garnie de pierres précieuses, blanches, vertes [bleus], rougeâtres, ou de cristal. Autour du trône, des palmiers étaient enveloppés de vêtements marbrés.

Des paons en ivoire étaient placés en face des ailes d’aigles, et deux colonnes de marbre se trouvaient au dessus de la tête des lions. Des deux côtés du trône, deux lions creux en or étaient remplis de toute sorte de parfums. Des deux côtés du trône, deux fauteuils [étaient réservés] l’un pour Gad le visionnaire, l’autre
pour Nathan le prophète, et soixante-dix fauteuils étaient présents autour du trône, pour soixante-dix notables. Sur chaque voie deux lions et deux aigles, étaient debout sur leurs pattes, les uns en face des autres. Quand le roi gravissait la première marche, le mécanisme se mettait en marche, le lion allongeait sa patte droite, l’aigle, sa patte gauche, et en marchant sur elles, le roi gravissait la deuxième marche. Une fois sur cette marche, la roue tournait [de nouveau], l’aigle allongeait sa patte droite, le lion, sa patte gauche, et le roi marchait et gravissait.

Ainsi, en était-il pour chacune des marches. Il y avait également un paon d’argent, qui enclenchait un mécanisme permettant de faire asseoir le roi sur le trône. Les aigles, montaient par le mécanisme, et, déployant leurs ailes, couvraient sa tête. Une colombe dorée descendait de la colonne, ouvrait l’arche, prenait
la Thora et l’a posait sur ses genoux, pour accomplir le verset : Il l’aura avec lui, et il la lira tous les jours. Le lion allongeait sa patte, prenait la couronne et la mettait sur sa tête. Les assistants disaient alors : Puisse le royaume de David durer à jamais. Et sur toutes les marches il y avait des animaux purs et impurs face
à face. Sur la première marche, un taureau faisait face à un lion, sur la deuxième, un agneau faisait (face à) un loup, sur la troisième, un chevreau faisait (face à) un tigre, sur la quatrième, une gazelle faisait (face à) un ours, sur la cinquième, un aigle faisait (face à) une colombe, sur la sixième, un épervier faisait (face à) un oiseau.
Lui, montait, et établissait la paix entre eux. Il lisait sur chaque marche un verset. Sur la première marche il lisait : La Thora de Dieu est intègre, elle restaure l’être. Sur la deuxième : La charte de Dieu est fidèle, elle assagit le niais. Sur la troisième: Les préceptes de Dieu sont droits, ils réjouissent le coeur. Sur la quatrième : Le commandement de Dieu est limpide, il rend clairvoyant. Sur la cinquième : La crainte de Dieu est pure et se dresse à jamais. Sur la sixième: Les jugements de Dieu sont la vérité, ils sont tous justes.

Puis Salomon siégeait sur le trône de Dieu. Le grand prêtre et le Sanhédrin venaient alors le saluer, s’asseyaient à sa droite et à sa gauche et siégeaient avec lui au procès. Quand les témoins se présentaient devant le roi, le mécanisme cessait [son mouvement], les roues regagnaient leur place, les lions rougissaient, les aigles se mettaient à voler et les paons à gazouiller. Et pourquoi tout cela ? Pour surprendre les témoins
afin qu’ils disent la vérité.
Et quand Ahashwerosh [le] vit, il voulut s’y asseoir, mais n’y parvint pas. Il envoya [des émissaires] et fit venir des artisans de Tyr et d’Alexandrie, mais ces derniers ne parvinrent pas à en fabriquer un semblable. Il construisit alors un trône, et s’y assit. Ils s’occupèrent de cela pendant trois ans, afin d’accomplir ce
qui a été dit : En ces jours-là, le roi Ahashwerosh étant établi sur le trône de son royaume
.
Est 1,3 (Dans la troisième année de son règne)
La troisième année il s’assit sur ce trône. Il donna un festin pour l’ensemble de ses ministres et de ses serviteurs. Pour qu’elle raison fit-il un festin ? Selon certains : des provinces s’étaient soulevées contre lui, et il les avait conquise. Selon d’autres : c’était son jour d’anniversaire. Il expédia des missives à tous les
gouverneurs des provinces, afin qu’ils viennent faire la fête devant lui. Des cent vingt-sept provinces qui étaient sous son règne, cent vingt-sept grands, fils de rois, vinrent se présenter devant lui, vêtus de toges blanches. Ils vinrent, et s’installèrent sur des divans d’or et d’argent.

Est 1,4 Exhibant la richesse [de la gloire de son règne et la précieuse splendeur de sa majesté]
D’où a-t-il eu cette richesse ?
R. Tanhûma dit : Nabuchodonosor se montra jaloux (avare) de sa fortune. Ainsi, quand il sentit la mort approcher, il se dit : je ne laisserai pas tout cet argent à Évil-Mérodak mon fils. Il construit de grands vaisseaux de cuivre, les remplit d’or et les enfouit sous la terre, puis détourna sur eux [les eaux de] l’Euphrate. Le jour où Korésh se décida à construire le Sanctuaire, il détourna l’Euphrate et les trouva, ainsi qu’il est dit : Je te donnerai des trésors de la ténèbre, des magots cachés. R. Lévi dit : Pendant ces cent quatre-vingts jours, Ahashwerosh leur montra chaque jour six trésors pleins d’argent et d’or, ainsi qu’il est dit : Exhibant la richesse de la gloire de son règne [et la précieuse splendeur de sa majesté].
Lorsque les enfants d’Israël qui étaient présents, virent les ustensiles du Sanctuaire, ils refusèrent de se mettre à table avec eux ; il leur fit alors un festin seulement pour eux.

Est 1,5 Ces jours révolus, le roi donna à toute la population présente à Suse… [un festin de sept jours dans la cour du jardin et du pavillon du roi]
R. Hanina b. Papa dit : il s’ensuivit qu’en ayant apprit [cela], les sommités [parmi les Israélites] de l’époque se sont enfuies. R. Shim‘ôn b. Yohaï dit : il s’ensuivit qu’ils étaient forcés à manger des mets de non-juifs. R. Hanina b. ‘Igûl54 dit : votre Dieu peut-il vous offrir, dans l’avenir, un banquet pareil ? ils répondirent :
(au sujet du festin futur que HQBH réserve aux justes) : Aucun oeil n’a vu, sauf Toi, Elohîm, ce que Tu feras à celui qui l’attend. S’Il nous en offre un comme celui-ci, nous Lui dirions : nous en avons déjà mangé un pareil à la table d’Ahashwerosh.

Est 1,5 Dans la cour du jardin et du pavillon du roi
Des arbres fruitiers et des parfums y étaient plantés [dans le jardin], la moitié supérieure ayant la forme d’une coupole. [La  cour] Pavée de pierres précieuses et de perles et ombrée par des arbres.

Est 1,6 Ecru [dentelle, lin blanc], mousseline [étoffe fine, coton], indigo [pourpre violette]
Il y avait des toiles de byssus et d’écarlate [pourpre rouge], des anneaux d’argent fixés à des cordons de byssus, et de l’écarlate étendue sous les pieds des serviteurs, qui dansaient devant les invités.

Est 1,7 Breuvages dans des vases d’or, des vases, des vases divers
Quiconque ayant bu d’un vase, ne se servait plus de lui, mais le rangeait et en sortait un autre. Autre explication : divers… il apporta sa propre vaisselle ainsi que celle d’Elam - la sienne était plus fine que celle d’Elam, mais celle du Sanctuaire était plus fine que la sienne. Cette situation est comparable à une maîtresse qui regarde sa [belle] servante, (à chaque fois qu’elle l’a regarde) son visage change. De même à chaque fois que la vaisselle de cet impie se voyait avec la vaisselle du Sanctuaire elle changeait [d’aspect] et devenait comme du plomb.

Est 1,8 Une beuverie en règle
Chaque peuple selon sa propre tradition. Les Mèdes ne buvaient pas de brandevin, mais de l’Artôn [probablement : du vin conservé dans] des outres. Chaque région selon sa coutume, Il y a des régions où on mange d’abord et où l’on boit ensuite, et d’autres où l’on boit d’abord et on mange ensuite.

Est 1,8 Sans contrainte
R. Lévi dit : il était de coutume chez les Perses, de faire boire dans une grande coupe, (de quatre ou cinq huitièmes) [mesures] appelée [en Persan] Pitqa. Et même si [la personne] mourrait ou devenait folle, elle ne la rendait pas avant de l’avoir bue [entièrement]. Les chefs des échansons s’enrichissaient grâce à ces invités, qui [demandaient] de ne pas les faire boire d’elle [de la coupe pitqa]. Cependant, Ahashwerosh ne fit pas rentrer cette coupe dans son festin, ainsi qu’il est écrit : sans contrainte.

Est 1,8 De se conformer au désir de chaque homme
HQBH a dit à Ahashwerosh : Impie, peux-tu satisfaire la volonté de chaque homme ? Deux hommes désirent se marier avec la même femme, peut-elle donc les épouser tous les deux ? Ou bien, deux navires se déploient dans le grand océan, l’un attend un vent du Sud, l’autre un vent du Nord, le même vent peut-il les conduire ? Deux hommes se présentent devant toi, demain, l’un est juif, l’autre est [son] oppresseur et [son] ennemi, peux-tu les satisfaire tous deux ? [Tu seras contraint] de glorifier l’un et pendre l’autre. Qui peut se conformer au désir de chaque homme ? Seul HQBH ! Ainsi qu’il est écrit : Il accompli la volonté de ceux qui Le craignent. R. Hounia dit au nom de R. Lévi : dans ce monde-ci quand le vent du Sud souffle, le vent du
Nord ne souffle pas. Mais dans les temps à venir HQBH fera lever un vent Arguéstes sur la terre qui conduira les deux [navires] à la fois, ainsi qu’il est dit : Je dirai au Nord : Donne ! Et au Midi : N’écroue pas ! Fais venir mes fils de loin, mes filles de l’extrémité de la terre
.
Est 1,9 La reine Vashti donna, elle aussi, un festin aux femmes dans la maison royale
R. Ytshaq dit : elle leurs versa du vin royal. Pour qu’elle raison l’Ecriture mentionne-t-elle le banquet de Vashti ? R. Yehoshouwa‘ b. Qorha dit : Pour montrer au sein de quelle abondance Esther avait pénétré. R. Méir dit : Si Dieu donne autant à ceux qui le provoquent, à combien plus forte raison donnera-t-Il à ceux qui exécutent Sa volonté.

Est 1,9 Dans la maison royale
D’ici on apprend qu’elle les installa dans des maisons décorées où dort le roi dort. Car selon R. Abîn : la femme préfère regarder des jolis décors que de manger des veaux gras.

Est 1,10-11 Le septième jour, comme le coeur du roi était [quasiment] bien dans le vin,
[il dit à Mehoumân, Bizzeta, Harbona, Bighta, et Abaghta… d’amener la reine Vashti devant le roi, ceinte de la couronne royale…]
R. Abahou dit : Lorsque les Israélites mangent et boivent, ils commencent par des paroles de Thora ; mais lorsque les païens mangent et boivent, ils commencent par des (paroles) frivoles :
Les uns disent : les [femmes] Mèdes sont les plus belles, d’autres disent : les [femmes] Perses sont les plus belles.
Ahashwerosh leur dit : le vase dont je me sers, n’est ni Mède ni Perse, mais Chaldéen, et il n’y en a point de pareil dans le monde. Il leur dit : Voulez-vous le voir ? D’accord, à condition qu’elle soit nue, lui répliquèrent-ils.

Est 1,10 Autre commentaire de : Comme le coeur du roi était [quasiment] bien dans le vin…
R. Lévi dit : les idolâtres ne connaissent rien de bon. Il n’est pas dit ici : betob léb hamélékh, le coeur du roi était dans le bien…,mais ketob (léb hamélékh), le coeur du roi était quasiment bien… Tandis que des Israélites (il est écrit) : et ils s’en allèrent vers leurs tentes, joyeux, bien dans le coeur. R. Youdân et R.
Lévi au nom de R. Yohanân ont dit : Partout où il est dit dans Méguillath Esther « le roi Ahashwerosh », le texte parle d’Ahashwerosh lui-même, et là où il est dit de façon indéfinie « le roi », c’est alors du Roi des rois des rois [Dieu] qu’il s’agit.

Est 1,10 Comme le coeur du roi était bien dans le vin
Quand le coeur de HQBH est bien, c’est dans le vin de la Thora ;Il dit à Mehoumân…
Mehoumân c’est l’ange [le maître] de la Héma [la colère] ; Bizzeta c’est Bizza [le pillage] ; Harbona [c’est] Ahrabna [la destruction] ; Bighta et Abaghta [Zétar et Karkas] – R. Yitshaq dit : HQBH se dit : je m’amuserai de vous comme des Abghatayim [= des femmes ; rappelant Abaghta] derrière le Qorioss[=la trame du tissage ; rappelant Karkas] ; ou : de sorte que même les tisseuse qui se tiennent derrière la trame se
moquerons de vous.

Est 1,11 D’amener la reine Vashti devant le roi, ceinte de la couronne royale
R. Abba explique : qu’elle se présenta toute nue, avec la couronne seulement. R. Shim‘ôn b. Nahmani au nom de R.Yonathan dit : Les impies ne sont jugés dans la Géhenne qu’en étant nus, comme il est dit : Dieu, dans la cité, Tu mépriseras leur image. Pourquoi dans la cité ? R. Shim‘ôn b. Nahmani, au nom de R. Yonathan, dit : là où le brigand frappe, là il est pendu.
R. Yonathan, dit : les Egyptiens aussi, ont été jugés [châtiés] nus,comme il est dit : Au souffle de Tes narines, les eaux s’amoncelèrent
.
Est 1,12 La reine refusa
Elle lui envoya des propos émouvants, en ces termes : de deux choses l’une, s’ils me trouvent laide, tu seras déshonoré à cause de moi, et s’ils me trouvent belle, ils voudront tuer le mari et ils abuseront de moi (mais, il ne saisit point ses allusions et resta insensible à ses piques). Elle lui envoya alors [ce message] :
imbécile que tu es ! Le vin à détourné ton coeur ! Saches que je suis la petite fille de Nabuchodonosor, aux pieds de qui les rois et les princes étaient foulés. Cet homme ne serait même pas un garçon d’écurie dans la maison de mon père, ni un soldat coureur  devant son char. Or, les condamnés, dans la maison de mon père, n’étaient pas jugés nus, comme il est dit : Alors, ces hommes furent ligotés, avec leurs chausses, [leurs tuniques, leurs coiffes, leurs vêtements, et jetés au milieu de la fournaise de feu ardent]. Immédiatement…

Est 1,12 Et sa colère s’enflamma
R. Hanina dit : à ce moment Dieu suggéra à l’ange de la colère : fait descendre un vent violent, souffle sur les cendres et jettes du soufre dans sa fournaise. R. Yohanan dit : pendant les sept années, depuis le moment où Vashti fut tuée jusqu’à la pendaison de Haman, sa colère ne cessa de s’enflammer.
Cependant, on pourrait objecter : n’est-il pas écrit ke-shokh ! [fut calmée]. Ke-shokh, mais pas beshokh ! Calmée mais pas complètement. La colère du roi ne fut complètement calmée qu’une fois que Haman fut pendu.

Est 1,13 Le roi dit aux sages, initiés à la connaissance des temps
R. Simôn dit : c’était [des membres de] la tribu d’Issakar,comme il est dit : les fils d’Issakar, sachant discerner les temps
.
Est 1,14 Ses proches
Karshena, Shétar, Admata, [Tarshish, Mèrès,Marsena, Memoukhân]
Karshena – venait d’Afrique, Shétar – d’Inde, Admata –d’Edom, Tarshish – de Quershôn [Egypte ?], Mèrès, Marsena,Memoukhân – de Jérusalem.

Est 1,15 Selon la loi, que faire [à la reine Vashti]
Pourquoi lui arriva-t-il de telles choses ? Car elle empêcha Ahashwerosh de reconstruire le Sanctuaire, en lui disant : cherches-tu à reconstruire ce que mes ancêtres ont détruit ?

Est 1,16 Memoukhân prit alors la parole
Pour quelle raison Memoukhân s’empressa-t-il de donner son avis ? Là-dessus, deux Amoraïm sont en désaccord. L’un dit : parce qu’elle ne l’avait pas invité au banquet. L’autre dit : parce qu’elle le giflait au visage. D’autres disent : il avait une fille qu’il voulait marier dans la famille royale.

Est 1,19 Et que le roi confère son titre de reine à une autre meilleure qu’elle
R. Hanina b. Abahou dit : il est écrit : Oui, il endolorit et panse ;il mutile, mais ses mains guérissent. C’est avec cette expression que la royauté fut ôtée à son ancêtre: [L’Eternel t’a arraché la royauté d’Israël, aujourd’hui], Il la confère à un autre meilleur que toi, et c’est avec la même expression qu’elle lui fut redonnée, ainsi qu’il est dit : Et que le roi confère son titre de reine, à une autre meilleure qu’elle.


CHAPITRE II

Est 2,1 Après ces événements, une fois que la fureur [du roi Ahashwerosh] fut calmée
Quand dessaoulé, il retrouva sa lucidité il la réclama. On lui dit : c’est toi qui l’as tuée. Il leur demanda : pourquoi ? On lui dit :
Car tu lui as demandé de se présenter nue devant toi, et elle a refusé85. Il leur dit : Ce que j’ai fait n’est pas juste. Qui est-il celui qui m’a donné l’idée de la tuer ? On lui dit : les sept ministres de Perse et de Médie. Il les exécuta immédiatement.
C’est pourquoi, le texte ne les mentionne plus. D’autres disent :c’est parce qu’ils lui eurent conseillé de renoncer à la reconstruction du Sanctuaire, qu’ils furent condamnés à mort.

Est 2,5 Son nom, Mardochée
[Dans l’Ecriture] les impies précèdent leurs noms : Naval est son nom ; Goliath est son nom ; Shèva fils de Bikri est son nom. Alors que pour les justes le nom les précède : son nom,Manoah ; son nom, Saül ; son nom Jessé ; son nom,Elqana; son nom, Boaz ; son nom, Mardochée. À la ressemblance du Créateur, à propos de qui il est écrit : Mais [sous] mon Nom, Eternel, Je ne me suis pas fait connaître d’eux.

Est 2,7 Il est le parrain de Hadassa, elle, c’est Esther [fille de son oncle, car elle n’avait ni père ni mère]
Selon Rav, elle avait quarante ans [en ce jour-là], et selon Shemouel, septante ans. Les Rabbins disent : septante-cinq-ans.
R. Berekhia, rapportant les paroles des Rabbins, dit : Dieu a dit à Abraham, tu es sorti de la maison de ton père à l’âge de septantecinq ans, aussi vrai que tu es vivant, le sauveur qui se dressera,de toi pour tes enfants en Médie, aura également septante-cinq ans. Cela équivaut à [la valeur numérique du mot] « Hadassa96 ».
Car elle n’avait ni père ni mère – R. Berekhia, au nom de R. Lévi, dit : Dieu dit à Israël : « vous vous lamentez en disant : Nous voilà orphelins, sans père, le sauveur que Je nommerai pour vous en Médie, n’aura également ni père ni mère », (c’est ce qui est écrit, car elle n’avait ni père ni mère).

Est 2,15 Et voici qu’Esther trouva grâce aux yeux de tous ceux qui la virent
R. Nehémia dit : Ils mirent les femmes Mèdes d’un côté, et les Persanes de l’autre, et Esther [était] la plus belle de toutes. R. Lévi dit : trouva grâce – porteuse de grâce (plus que Joseph) ;chez Joseph, il est écrit : Il inclina vers lui le chérissement,mais ici il est écrit : Et voici qu’Esther trouva grâce ; elle porta grâce et chérissement devant lui.

Est 2,17 Et le roi aima Esther plus que toutes les femmes [et elle porta grâce et chérissement devant lui plus que toutes les vierges]
R. Halbo dit : cela nous indique que les femmes mariées furent aussi emmenées devant lui, car il est dit : plus que toutes les femmes… et… plus que toutes les vierges.

Est 2,17 Et il la fit reine à la place de Vashti
R. Lévi dit : le portrait de Vashti se trouvait au-dessus de son lit.Lorsque les femmes rentraient il les regardait et regardait [également] le portrait de Vashti. Il n’y en avait point comme Vashti. (Mais lorsque Esther rentra), il ôta le portrait de Vashti et plaça celui d’Esther [à sa place].

Est 2,20 Esther ne révéla ni sa parenté ni son peuple
R. Yehouda b. Simôn, au nom de R. Yehoshouwa‘ b. Lévi, dit :il l’interrogea, en lui disant : la fille de qui es-tu ? elle répliqua : et toi, le fils de qui es-tu ? Il lui dit : je suis roi fils de roi, elle rétorqua : et moi je suis reine fille de rois. Elle lui dit : on entend dire que tu as exécuté Vashti. Il lui dit : ce n’était pas ma volonté, je l’ai exécutée sur le conseil des gouverneurs de Perse et de Médie. Elle lui dit : les anciens rois ne suivaient pas les
opinions corrompues, mais celles des prophètes. Qu’est-il écrit de Nabuchodonosor : Alors Aryok, fit venir en hâte Daniel devant lui. Qu’est-il écrit de Beltshassar : Alors Daniel fut introduit devant le roi. Il lui dit : Y a-t-il ici une telle bonne étoffe ? Elle lui dit : cherches et tu trouveras !

Est 2,21 [En ces jours, alors que Mardochée siégeait à la porte du roi,deux eunuques royaux], mécontents, Bigtân et Téresh
De quel mécontentement s’agit-il ? [Car] Il écarte deux et met un [à leur place], il renvoie deux sénateurs et nomme ce barbare.

CHAPITRE III

Est 3,1 Après ces événements, le roi Ahashwerosh éleva Haman
[en l’appelant à la plus haute dignité, et mit son trône au-dessus de tous les chefs]
Haman ne fut appelé à la grandeur que pour son propre malheur.R. Yéhoshouwa‘ b. Lévi dit : cela est comparable à un simple soldat qui a maudit le fils du roi, le roi se dit : si je l’exécute [sur place], tout-le-monde dira : c’est un simple soldat qu’il a exécuté. Le roi se dit donc : je l’élèverai d’abord et je ne
l’exécuterai qu’après. Il le nomma donc Tribunus [officier supérieur], puis Hégmôn [général], et ensuite il lui coupa la tête.
Ainsi dit HQBH : si Haman est tué [maintenant], lui, qui conseilla au roi de faire cesser la construction du Sanctuaire, personne ne le saura. Qu’il devienne donc grand, et qu’ensuite seulement il soit pendu.

Est 3,1 Et mit son trône
[Cela ressemble] à un homme qui a une pouliche, une ânesse et une truie, il donne [à manger] la stricte mesure à l’ânesse et à la pouliche, mais plus que la juste mesure à la truie. L’ânesse dit alors à la pouliche : à nous, qui travaillons pour le patron, il donne juste selon la mesure, mais à la truie, qui ne travaille point, il donne démesurément. La pouliche dit à l’ânesse : quand l’heure viendra, tu verras. Au moment où le Calendes fut
arrivé, ils prirent la truie et la saignèrent. Ce n’est pas la nourriture qui en est la cause mais l’oisiveté. C’est pourquoi il est dit d’abord : après ces événements… on éleva…, et ensuite seulement : on pendit Haman à la potence.
Il est écrit : Que sa cime monte au ciel, que sa tête atteigne le nuage, comme ses excréments, il périra à jamais. De même que les excréments sont dégoûtants, de même il [Haman] est dégoutant. Ceux qui le verront diront : Où est-il ? : Ils le regarderont mais ne le reconnaîtront pas ; où est Haman ? Et où est sa sérénité ? Qu’est-il écrit avant cela ? Ils furent tous les deux pendus à une potence. La fin de cet homme sera également l’élévation et la pendaison. Rabbi  (Pinhas) racontait cette histoire : Un lion donna un banquet à toutes les bêtes et à tous les animaux et fit pour eux une tente avec des peaux de lions. Quand ils eurent fini de manger, ils dirent : quelqu’un chanterait-il devant nous ? Ils fixèrent leur regard sur le renard qui leur dit : répéterez-vous après moi ce que je vous dirai ? Ils répondirent : oui ! Il jeta un regard sur les peaux qu’étaient au dessus d’eux, et dit : celui qui nous a montré le sort de ceux d’en-haut, nous montrera celui de ceux d’en-bas. De même, celui qui nous a montré la pendaison de Bigtân et Téresh, nous montrera celle d’Haman. Celui qui s’est vengé des premiers,se vengera des derniers.

Est 3,1 Autre explication de : Après ces événements [le roi Ahashwerosh éleva Haman…]
Il y eut là-bas des méditations. Qui médita ? R. Yéhouda dit :Haman médita. Il pensa : si Esther est juive, elle est ma parente par mon père Esaü, comme il est dit : Esaü n’est-il pas frère de Jacob ? Si elle est d’une autre nation, toutes les nations ne sont-elles pas parentes ? Je suis donc digne d’être distingué et honoré par sa main. R. Nehémia dit : Ahashwerosh médita. Il pensa : si par reconnaissance je rends service à Mardochée en
l’installant ici, il voudra certainement reconstruire le Sanctuaire.
Or, il est impossible de le reconstruire, [et] de le restituer. Je vais donc provoquer Haman contre lui, de sorte que l’un construise et l’autre détruise. Les Sages disent : HQBH médita. Il s’est dit :Mardochée est un juste parfait, s’il est appelé à la grandeur, et Haman [de son côté] à la fortune, alors Mardochée parviendra à
lui retirer [sa fortune] pour reconstruire le Sanctuaire.

Est 3,2 Et tous les serviteurs du roi… [s’inclinèrent et se prosternèrent devant Haman]
R. Yossé b. Hanina ouvre [son discours par ce verset] : les orgueilleux ont enfoui une trappe contre moi ; l’Assemblée d’Israël a dit devant HQBH : Maître du Monde, les idolâtres ont déployé un piège contre moi, en me disant : pratique l’idolâtrie !
Si je les écoute, je serai puni devant Toi, si je ne les écoute pas,ils me tueront. R. Hanina dit : [Ceci est comparable] à un loup à qui on a tendu un piège sur l’ouverture d’un puits ; s’il descend boire, il sera pris au piège, et s’il ne descend pas, il mourra de soif.

Est 3,4 Comme ils le lui disaient jour après jour [sans qu’il en tînt compte]
R. Benaya, au nom de R. Lévi, dit : les descendants de Rachel sont égaux quant aux épreuves qu’ils vécurent et à la grandeur qu’ils atteignirent. Quant aux épreuves, là-bas [il est t]: Comme elle parlait à Joseph jour après jour et ici : Comme ils le lui disent jour après jour. Et quant à leur grandeur, à propos de Joseph il est écrit : Pharaon ôta son anneau [de sa main et le mit à la main de Joseph] et à propos de Mardochée il est écrit : Le roi ôta son anneau [qu’il avait repris à Haman, et le donna à Mardochée]. À propos de Joseph il est écrit : et lui mit au cou le jaseron d’or, et ici: avec un grand nimbe d’or.

Au sujet de Joseph il est écrit: Il le fit monter sur son deuxième char [et on criait devant lui à genoux !], et ici : ils le firent monter à cheval tout au long de la grand-rue de la ville [en criant devant lui : Ainsi est-il fait à l’homme que le roi désire honorer]. R. Lévi, au nom de R. Hama b. R. Hanina, dit : Mardochée disait : Moïse, notre maître, nous a avertis dans la Thora [en ces termes] : Maudit, l’homme qui fait une idole ou une statue, et cet impie [Haman] fait de lui-même une idole. En plus, le prophète Esaïe a dit : Tenez-vous à l’écart de l’homme, ce n’est qu’un souffle dans le nez, que vaut-il donc ?
Qui plus est, je suis le natif noble du Roi [Dieu], me prosternerai-je devant un vulgaire ? N’est il pas écrit : Les servantes s’approchèrent [elles et leurs enfants, et se prosternèrent] Léa s’approcha aussi [avec ses enfants]… Puis Joseph et Rachel [s’approchèrent et se prosternèrent], or,Benjamin mon ancêtre n’était alors pas encore né.

Est 3,5 Haman, s’apercevant, que Mardochée ne s’agenouillait ni ne se prosternait devant lui, [fut rempli d’une grande colère]
R. Abba dit : que leurs yeux s’enténèbrent pour ne plus voir ;parce que la vue des impies les fait descendre à Gehinâm, ainsi qu’il est dit: Les fils de Dieu virent que les filles des hommes étaient belles etc.; Esaü vit [que les filles de Canaan étaient mauvaises] ; Balaq [fils de Cippor] vit [tout ce qu’Israël avait fait aux morites] ; Balaam vit [alors qu’il plaisait à l’Eternel de bénir Israël] ; Haman vit. C’est pourquoi ils ont honte de ce qu’ils voient de leurs yeux. Par contre, la vue des justes les haussent, ainsi qu’il est dit : Il leva les yeux, voilà qu’il vit trois hommes debout etc. Et voici qu’il vit un puits dans la campagne ; Pinhas vit… [et se leva du sein de la
communauté] ; Il vit et voici : le buisson. C’est pourquoi [les justes] se réjouissent de la vue de leurs yeux, ainsi qu’il est dit : Les justes verront et se réjouiront.

Est 3,5 Haman fut rempli d’une grande colère
Que faisait Haman, lorsqu’il passait [devant Mardochée] et apercevait que celui-ci ne bougeait pas de sa place et ne le saluait point ? Il passait devant lui d’un autre côté et faisait semblant que Mardochée l’avait salué, puis il lui rendait le salut en lui disant : que la paix soit également sur toi ! Mardochée répliquait alors : Point de paix, a dit mon Dieu, pour les impies, aussitôt Haman était rempli d’une grande colère.

Est 3,6 Il jugea indigne de lui [de s’en prendre au seul Mardochée, car on lui avait fait savoir de quelle nation il était, Haman prémédita alors d’anéantir tous les juifs…]
R. Lévi dit : [Ceci est comparable] à un oiseau qui niche au bord de la mer et dont la mer a inondé le nid. Que fait-il alors ? Il se  lève, et commence à remplir sa bouche d’eau et la verse sur le sable, puis remplit sa bouche de sable et le verse sur la mer.Vient son compagnon qui lui dit : Que fais-tu, tu te fatigue [en vain]. Il lui dit : je ne bougerai pas d’ici avant que je ne transforme cette mer en sable. Il lui dit : imbécile que tu es,
combien [du temps] peut-tu tenir ? Ainsi, Haman prémédita d’anéantir tous les juifs, Dieu lui dit : tu es le plus idiot de tous, Moi-même j’ai prémédité de les anéantir mais je n’y suis pas parvenu, ainsi qu’il est dit : Il envisagea de les exterminer, mais Moïse son élu, [se tenant sur la brèche devant Lui, détourna sa fureur destructrice], et toi tu veux les exterminer ?! A la fin il [tu] tombera entre leurs mains. Car Israël est semblable à des rochers, ainsi qu’il est dit : Oui, du sommet des rocs je le vois.
Mais les idolâtres sont assimilés à l’argile [des poteries], ainsi qu’il est dit : Sa brisure est semblable à la brisure d’une carafe de potier. Si une pierre tombe sur un pot, malheur au pot ! Si un pot tombe sur une pierre, malheur au pot ! Ainsi, quiconque se risque à affronter Israël, subira le malheur de sa part.

Est 3,7 On tira le Pûr,
c’est-à-dire le sort [devant Haman, en passant d’un jour à l’autre et d’un mois à l’autre jusqu’au douzième mois, qui est le mois de Adar]
R. Hama b. Hanina dit : HQBH lui a dit [à Haman] : c’est toi le sort d’Israël !

Est 3,7 En passant d’un jour à l’autre et d’un mois à l’autre
Nos Maîtres de mémoire bénie disent : Quand Haman décida de tirer les sorts (commença à tirer les sorts), le premier jour de la semaine se dressa devant HQBH et lui dit : Maître du monde, c’est en moi que les cieux et la terre furent créés, et [de surcroit] Tu as dit : Si l’on parvenait à mesurer les cieux en haut et à sonder les fondations de la terre en bas, alors, Moi aussi, je pourrais rejeter toute la descendance d’Israël, et cet impie
cherche à les anéantir ?! Arrache [d’abord] les cieux et la terre et anéantis-les ensuite !
Le deuxième jour se présenta devant HQBH et lui dit : Maître du monde, c’est en moi que le firmament fut créé et que Tu as séparé les eaux supérieures des eaux inférieures, [de même que] Tu as séparé Tes enfants des autres nations. [Alors] arrache [d’abord] le firmament et anéantis-les ensuite !
Le troisième jour se présenta devant HQBH et lui dit : Maître du monde, c’est en moi que les arbres ont été créés et c’est par eux que Tes enfants Te glorifient, ainsi qu’il est dit : Prenez pour vous, le premier jour, le fruit de l’arbre de la splendeur etc. [Alors] arrache [d’abord] les arbres et anéantis-les ensuite !
Le quatrième jour monta au firmament et lui dit : Maître du monde, c’est en moi que (les luminaires) le soleil, la lune, les astres et les constellations furent créés, et Tes enfants leurs sont comparés, ainsi qu’il est dit : et voici, le soleil et la lune etc.[Alors] arrache [d’abord] les luminaires et anéantis-les ensuite !
Le cinquième jour monta au firmament et lui dit : Maître du monde, c’est en moi que les animaux et les oiseaux furent créés,et [d’eux] on apporte devant Toi l’offrande, [alors] arrache [d’abord] les animaux et les oiseaux et anéantis-les ensuite !
Le sixième jour monta au firmament et dit devant Lui : Maître du monde, c’est en moi que Adam et Eve furent créés, et Israël est appelé Adam, ainsi qu’il est dit : Et vous, mon troupeau, le troupeau de mon pâturage, Adam vous êtes (alors arrache d’abord tous les êtres humains et anéantis-les ensuite !).
Le septième jour monta au firmament et dit : il est écrit : Entre moi et les enfants d’Israël il y a un signe perpétuel [alors] arrache le [d’abord] et anéantis-les ensuite !
Lorsqu’il vit qu’il ne parviendrait pas avec les jours il se tourna vers les mois, comme il est dit et d’un mois à l’autre.
Il s’éleva alors, au mois de Nissan, le mérite de Pessah ; à Iyar, le mérite de la manne ; à Sivan, le mérite du don de la Thora ; à Tammouz, le mérite de la terre ; à Ab : Je changerai leur deuil en exultation  ; à Eloul, le mérite du rempart, ainsi qu’il est dit: Le rempart fut achevé le vingt-cinq d’Eloul ; à Tishri, le mérite des fêtes de pèlerinage ; à Héshwan, le mérite de Sara, à Kisléw et à Tébéth, le mérite de Hanoukah ; à Shebat, le mérite des membres de la Grande Assemblée
[Quand il arriva] à Adar il se réjouit, et décida d’examiner les signes du Zodiaque. [Dans le signe du] Bélier [il y a le mérite] : qu’ils prennent, chaque homme, un agneau ;Taureau : Boeuf, ou mouflon ; Gémeaux : Pèrèç et Zérah, ainsi qu’il est écrit : et voici des jumeaux dans son sein ; Cancer : le mérite de Jonas ; Lion : le mérite de Daniel ; Vierge : le mérite de Hananya, Mishaël et Azarya ; Balance : le mérite de Job,ainsi qu’il est dit : Qu’il me pèse aux balances de justice ;
Scorpion : le mérite de Ezéchiel, ainsi qu’il est dit : Tu es assis au milieu des scorpions ; Arc : le mérite de Joseph, ainsi qu’il est dit : Mais son arc demeura impétueux ; Capricorne : le mérite de Jacob, ainsi qu’il est dit : Et les peaux de chevreaux ;Verseau : le mérite de Moïse, ainsi qu’il est dit : Et même, il a puisé, pour nous. Pour le signe de Poisson il n’y trouva aucun mérite. Il se dit alors, de même que les poissons s’avalent de même les ennemis d’Israël s’avalent, ils seront pris entre mes mains comme des poissons. HQBH lui dit : Ils ne sont pas entre tes mains, c’est toi qui es entre leurs mains. De même que le poisson parfois avale, et parfois s’avale, toi aussi tu seras avalé par eux..

Est 3,8 Haman dit au roi Ahashwerosh :
Il existe un peuple dispersé et disséminé parmi les peuples, dans toutes les provinces de ton royaume ; leurs lois diffèrent de celles de tous les peuples Lorsque nous allons acheter chez eux, ils ferment aussitôt leurs marchés, ils se moquent de nous et introduisent un mulet dans notre fortune : une fois par semaine [ils ferment à cause de] : Shabbath, une fois par mois : Rosh-Hodésh [la néoménie], au mois de Nissan : Pessah, au mois de Sivan : ‘Açèrèth [Shabou‘oth]. Ils ont aussi un mois entier [Tishri] où ils nous font perdre beaucoup d’argent, le Nouvel An, le Grand Jour [Kippour], la Fête des Tentes [Sûccoth] pendant huit jours, [où] à chaque jour ils mangent et boivent jusqu’à être pleinement rassasiés, ils sortent et s’assoient et méprisent le roi. HQBH lui dit : Malheureux que tu es ! Tu as bien compté [les fêtes], mais quel plaisir [trouve-tu] à ne pas avoir compté ces deux jours [de Pourim] que Je donnerai comme fête de joie pour la défaite de cet impie, ainsi qu’il est écrit: l’obligation immuable de fêter ces deux jours-là

Est 3,8 Il n’est pas de l’intérêt du roi de les laisser
R. Lévi dit : Pour chaque accusation qu’Haman porta, en-bas, contre Israël, l’ange Michaël plaida, en-haut, sa défense. Il dit devant Lui : Maître du Monde, Il est fort connu devant Toi qu’on n’accuse pas [Israël] parce qu’ils ont adoré des idoles, ni parce  qu’ils ont pratiqué la fornication, ni parce qu’ils ont versé le sang, mais seulement parce qu’ils ont gardé Ta Thora. HQBH lui répondit : Par ta vie ! Je ne les ai pas abandonnés et Je ne les abandonnerai jamais, ainsi qu’il est écrit : Car Dieu n’abandonnera pas son peuple.

Est 3,9 Si le roi le trouve bon, qu’on écrive [(l’ordre) de les faire périr, et je pèserai dix mille talents d’argent aux mains des exécuteurs de l’ouvrage, à faire venir aux trésors du roi]
Il [le roi] lui demanda : combien comptent-ils ? Haman lui répondit : je l’ignore, mais quand ils sont sortis d’Egypte, ils étaient six cent mille hommes. Pour chacun d’entre eux, je vous donnerai cent zouz, en échange d’un trait de plume de votre part! Ahashwerosh lui dit : moi aussi, j’ai envie de les anéantir,mais que puis-je faire ? Leur Dieu est puissant et les aime énormément. Quiconque se lève contre eux, Il le fait tomber sous
leurs pieds. Nous devons apprendre [la leçon] de Pharaon, qui régnait sur le monde entier. Puisqu’il les a asservis, Il [Dieu] a frappé son peuple par de grandes plaies, en délivrant [les Hébreux] avec un acquis. [Puis], Il leur a fendu la mer, ce qui n’a jamais été fait à aucune autre nation.

De plus, il les a poursuivis avec six cent mille [hommes], et [en fin de compte] lui et toute son armée se sont noyés. Amaleq ton ascendant, les a attaqués avec quatre cents hommes courageux, mais leur Dieu les a tous livrés entre les mains de Josué qui les a tués, ainsi qu’il est dit : Et Josué fit céder Amaleq et son peuple [au fil de l’épée]. Sisera les a attaqués avec quarante mille chefs de troupes d’armée, dont chacun avait avec lui cent mille hommes, mais Il les a tous troublés, en donnant l’ordre aux étoiles de les brûler, ainsi qu’il est dit: Du haut des cieux, les étoiles ont combattu, de leurs orbites elles ont combattu contre Sisera. Et à Sisera lui-même, qu’ont-ils fait ? Comme nos ancêtres nous ont racontés, il n’y avait pas de guerrier aussi vaillant que lui ; à l’âge de trente ans il a conquit le monde par sa force, et aucune muraille de villes fortifiées n’a pu résister à [la puissance de] sa voix. Même la bête sauvage, lorsqu’elle entendait sa voix ne bougeait pas de sa place. On raconte, qu’il descendit une fois au torrent de Qishôn pour boire de l’eau, [en sortant] quelques poissons s’accrochèrent à sa barbe. Quand il partit en guerre, on le porta sur un char de neuf cents chevaux, et à son retour, aucun d’entre eux [des chevaux] ne sortit indemne ; car il les avait tous déchiquetés tous comme [on déchiquette] la laine avec du fer.

Or, à la fin, leur Dieu le livra entre les mains d’une femme. Il devint ainsi un objet de mépris et une marque d’infamie pour toute l’humanité. De nombreux rois, plus puissants que lui, se sont levés contre eux, et Il les a tous fait tomber et tous balayés de la terre et ils sont devenus un objet de mépris pour toujours. Dès lors, à plus forte raison en ce qui nous concerne! Retire-toi de ce malheur !
Malgré cela, il [Haman] insistait auprès de lui chaque jour. Ahashwerosh lui dit : puisqu’il en est ainsi, interrogeons les sages et les devins. Aussitôt, il fit rassembler tous les sages des Nations et des langues et leur dit : Que dites-vous ? Désirez-vous qu’on détruise ce peuple aux traditions différentes de toute l’humanité ? Ils répondirent : Qui veut t’induire dans cette si grande erreur ? Si Israël est détruit, le monde ne pourra subsister fut-ce une seule heure. Car le monde ne tient que par la Thora que l’on étudie jour et nuit, ainsi qu’il est dit : Si ce n’est pas mon alliance, jour et nuit, je n’aurais pas établi les lois du ciel et de la terre. De plus, tous les idolâtres du monde sont appelés étrangers, ainsi qu’il est dit : L’étranger aussi [qui n’est pas, lui,
de ton peuple Israël]. Israël au contraire est appelé fils, ainsi qu’il est dit : Vous êtes les fils de l’Eternel, votre Dieu. Existet-il un homme qui ose toucher les fils de HQBH, Lui qui règne sur ce qui est en haut et sur ce qui est en bas – et qui tient entre  Torrent au pied du Carmel ; ses marécages arrêtent les chars cananéens de
Sisera (Jg 4,13 ; 5,21 ; Ps 83,10).
Ses mains les esprits et les âmes, qu’il s’agisse d’abaisser ou d’élever, de faire mourir ou de faire revivre – et rester impuni ?

Haman leur dit : leur dieu qui leur fit tous les miracles les a abandonnés, il a caché sa face de devant eux et ne les considère plus. En effet, Nabuchodonosor s’est levé [contre Israël], il a détruit sa maison et brûlé son palais et il n’a pas pu se tenir devant lui, ainsi qu’il est dit : Ils disent : Dieu n’y voit rien etc.
Lorsqu’il leur tint ces propos, ils acceptèrent et se mirent d’accord avec lui. Ahashwerosh lui dit : (Jetons les sorts !) Si l’argent tombe dans mon sort et le peuple dans le tien, qu’ils te soient livrés, mais si le peuple tombe dans mon sort et l’argent dans le tien, qu’ils ne te soient pas livrés. Immédiatement, ils jetèrent les sorts. L’esprit de sainteté cria, en disant : Contre mon peuple, ils ont manié le sort. Finalement, le peuple tomba dans le sort de Haman et aussitôt celui-ci senti un grand regret à cause de l’argent. Ahashwerosh remarqua son regret et tout de suite après : Le roi ôta son anneau etc

Est 3,11 Le roi dit à Haman : l’argent t’est donné [le peuple aussi…]
Je ne désir profiter ni de leur victoire, ni de leur défaite.
L’esprit de Sainteté répliqua, en lui disant : l’argent t’est donné ?! [Détrompe-toi !] La potence t’est donnée ! Car la valeur numérique de l’un [ha-késsef, l’argent = 165] est la même que celle de l’autre [ha-‘éts, la potence].

Est 3,10 Le roi ôta son anneau
Nos Maîtres disent : Ahashwerosh détestait Israël encore plus que Haman. En général, c’est l’acheteur qui donne un gage au vendeur, mais ici : [c’est l’inverse] le roi ôta son anneau [de son doigt et le remit à Haman].

Est 3,12 On convoqua les scribes du roi
Qu’est-il écrit en elles [dans les lettres] ?
A tous les peuples, patries, langues (habitant sur toute la terre) : que grandisse votre paix !
Sachez qu’un homme s’est présenté devant nous, ni de notre pays, ni de notre terre, mais de la descendance d’Amaleq et d’hommes célèbres, Haman est son nom. Il m’a fait une petite demande, insignifiante, en disant qu’il y a parmi nous un peuple,le plus méprisable parmi les peuples, obstacle permanant,semblables à des fous, qui nous veulent du mal, d’esprit arrogant, et sur la bouche desquels la malédiction du roi se trouve régulièrement. Quelle malédiction prononcent-ils ? Ils disent : L’Eternel est roi à tout jamais ; les nations disparaissent de son pays. Ils disent encore : Pour opérer la vengeance des nations, les représailles des patries. Au bienfait [de leurs bienfaiteurs], ils sont ingrats depuis toujours. Que firent-ils au pauvre Pharaon ? Quand ils descendirent en Egypte, il les reçut avec un visage enchanté et les installa dans le meilleur endroit du
pays, en terre de Goshèn. Il les ravitailla dans les années de famines et les nourrit aussi bien que possible. Il avait des palais à construire là-bas. Il ne pouvait pas résister devant eux. Ils se présentèrent devant lui avec un prétexte astucieux, en disant : nous irons pour offrir des sacrifices à notre Dieu, et au bout de trois jours nous reviendrons. Si vous êtes d’accord de nous prêter des ustensiles d’argent et d’or, des vêtements et des perles, nous nous en irons! Ils leur en prêtèrent, et chacun d’entre eux en chargea quatre-vingt-dix ânes, de sorte qu’ils les dépouillèrent.  Ils partirent, se retardèrent et ne revinrent point. Ils [les Egyptiens] les poursuivirent pour [récupérer] leur argent. Que leur firent-ils ? Il y avait parmi eux un homme, nommé Moïse
fils d’Amram qui prit son bâton, murmura des incantations et frappa la mer, puis elle s’assécha. J’ignore par quel moyen il l’assécha et comment il les fit passer au milieu de la mer. Quand Pharaon vit cela, il entra lui aussi derrière eux, et puis il voulut revenir en arrière mais n’y parvint pas. J’ignore ce qui le poussa de sorte qu’ils fut submergés lui et toute son armée. Ils [les hébreux] oublièrent les bienfaits que Pharaon leur avait
prodigués. Il suffit de voir ce qu’ils ont fait à mon ancêtre Amaleq, au moment où il alla en guerre contre eux, ainsi qu’il est dit: Amaleq vint [et fit la guerre à Israël à Refidim]. D’où venait-il ? R. Krouspédaï dit qu’il venait de chez Balaam l’impie.Car il était allé prendre conseil auprès de lui, en lui disant : je sais que tu es un homme de bon conseil et un maître à penser, et que quiconque recherche ton conseil n’échoue pas, [alors] que nous conseillez-vous ? Si ils ont agit ainsi contre ces Egyptiens qui leurs avaient prodigué tant de bienfaits, à plus forte raison agiront-ils ainsi contre les autres. Il [Balaam] lui dit : va en guerre contre eux, et si toi tu ne peux rien contre eux, nul ne le pourra. Car, tout comme toi ils sont tributaires du mérite d’Abraham. Aussitôt il sorti faire la guerre contre eux.

Que fit ce Moïse ? Il avait un disciple nommé Josué fils de Noun, un homme cruel et sans pitié, Moïse lui dit : Choisis nous des hommes [et sort guerroyer contre Amaleq]. Je ne sais si c’était par de la sorcellerie qu’il les attaqua. Que fit Moïse ? Il prit une pierre et s’assit. Je ne sais ce qu’il murmurât comme incantation jusqu’à ce que les Amalécites ne se découragent et ne tombent morts devant eux, ainsi qu’il est dit : Josué fit faiblir
Amaleq [et son peuple]Ils vinrent en terre de Sihôn, laquelle avait de vaillants guerriers, et je ne sais par quel moyen ils réussirent à les tuer. Ils vinrent [s’attaquer] aux rois de Madiân et eux aussi furent anéantis. Que fit le disciple de Moïse ? Il les fit rentrer dans la terre de sept peuples et les anéantît avant de s’emparer de leur pays. Il exécuta sans pitié trente et un rois.
Ils vinrent aussi chez Sisera, je ne sais ce qu’ils firent au torrent de Qishôn, mais il les entraîna et les emporta dans le grand océan.
Par ailleurs, ils eurent un roi nommé David. En sortant [en guerre] il détruisit et anéantit tous les peuples, sans pitié pour aucune créature, ainsi qu’il est dit: David ne laissait en vie ni homme ni femme.
Après lui, se leva Salomon son fils. Il leur construisit une certaine maison et l’appela la maison de sainteté. Je n’ai aucune idée de ce qu’il y avait à l’intérieur. Mais quand ils étaient attaqués en guerre, ils avaient l’habitude d’y entrer et d’y rester.
J’ignore ce qu’ils y faisaient. Après un bref moment, ils sortaient et tuaient tout le monde.
Il n’y avait aucune bonne qualité qui ne leur soit un objet d’orgueil, et de par leur prospérité abondante, ils n’enviaient aucune nation ni aucune langue jusqu’à l’arrivé d’un homme nommé Nabuchodonosor, qui eut le pouvoir. Celui-ci fit réunir le monde entier contre eux, puis les attrapa, et leur magie ne leur servit à rien. Il tua certains d’entre eux, en enchaîna d’autres avec des chaines de fer et les emmena parmi nous. Malgré cela,
ils n’ont pas changé leurs abjectes manières et ils ricanent de nous tous les jours. Ils nous ridiculisent et se moquent de nous et de notre foi, à leurs yeux nous sommes une abomination. Ils ne prennent pas nos filles et ne nous donnent pas les leurs, ne mangent pas notre pain et ne boivent pas nos boissons, et même notre roi est considéré par eux comme une femme en état de séparation [pendant la période de ses règles].
Voici donc les méprisables qualités de ce peuple, et il y en a d’autres encore qu’on n’arrive pas à raconter. Ainsi donc, après réflexion, nous avons jeté les sorts sur les douze mois de l’année et le sort tomba (sur le mois d’Adar, puis, nous avons jeté sur les jours du mois et le sort tomba) sur le treizième jour du mois.
Ainsi donc, quand ces lettres vous parviendrons, détruisez et exterminez, ne laissez parmi eux nul survivant.

Version araméenne du dernier paragraphe

Est 3,12 On convoqua les scribes du roi au premier mois
Qu’est-il écrit dans elles [dans les lettres] ? (A tous) les peuples, patries,langues [habitants sur toute la terre] : Que grandisse votre paix !
Le saviez-vous, un homme est venu parmi nous, ni de chez nous, ni de notre terre, mais de la descendance d’Amaleq, (fils) d’hommes célèbres, Haman est son nom. Il nous a fait une insignifiante demande, en disant qu’il y a parmi nous un peuple, le plus méprisable parmi les peuples, destiné à faire obstacle et dégâts. Par son esprit arrogant, il se conduit d’une manière étrange, nous veut du mal et souhaite notre perte. Ils maudissent le roi et la malédiction du roi se trouve régulièrement sur leur bouche.
Quelle malédiction prononcent-ils ? Ils disent : L’Eternel est roi à tout jamais ; les nations disparaissent de son pays. Ils disent encore : Pour opérer la vengeance des nations. Ils sont ingrats depuis toujours ; que n’ont-ils pas fait à Pharaon, le roi des Egyptiens ? Ils descendirent en son pays au temps de la famine, dénudés, eux, leurs femmes et leurs enfants. Il les reçut avec un visage enchanté et plein de joie, puis les installa dans le meilleur endroit de son pays, il les ravitailla et leurs troupeaux ne manquèrent de rien. Il avait des palais à
construire et leur en confia la construction. Astucieusement, ils commencèrent à les construire.
La construction n’étant pas encore finie, ils vinrent chez lui avec des paroles habiles en lui disant : nous partons trois jours pour offrir des sacrifices devant l’Eternel notre Dieu, et puis nous reviendrons. Veuillez nous donner des ustensiles d’argent et des ustensiles d’or, des costumes et des vêtements. Il leur en prêta, de sorte que chacun d’entre eux en chargea quatre-vingt-dix ânes, de sorte qu’ils dépouillèrent les Egyptiens, et ne revinrent point en arrière [sur leurs pas].
Pharaon les poursuivit pour sauver ses biens, lorsqu’il les vit s’enfuir. Quand ils arrivèrent au bord de la mer, il se trouva parmi eux un homme archi-(sorcier) qui avait grandi chez lui, Moïse fils de Amram était son nom. Il jeta son bâton sur la mer, la fendit, fit passer son camp au milieu de la mer et noya le char de Pharaon et ses meilleurs hommes avec leurs chars, [car] leur Dieu leur venait en aide. Quand ils respectent la Thora, nul ne peut se lever contre eux. Et même Balaam, un prophète intelligent, ils l’ont tué par l’épée. Ils firent ainsi
à Sihôn et Og, les puissants rois du pays de Canaan, ils les tuèrent puis les chassèrent de leurs terres et s’en emparèrent. Même, Amaleq, au grand et prestigieux roi, ils [réussirent à] anéantirent leurs rois et leurs prophètes. Après cela, se leva un roi cruel, nommé David, il extermina des Philistins, des Edomites, des Ammonites, et des Moabites, et nul ne résista devant lui. Puis, se leva, Salomon son fils, un homme sage et intelligent, qui leur érigea une maison à Jérusalem, afin qu’ils ne s’éparpillent pas dans tous les sens. Et
lorsqu’ils devinrent nombreux dans le pays ils péchèrent devant leur Dieu qui les livra entre les mains du roi Nabuchodonosor. Ils partirent alors en Babylone, et bien qu’ils soient maintenant sous nos mains, ils ne nous considèrent point.
Aussi, leurs lois et leurs coutumes diffèrent de celles de toutes les autres nations, ils ne se marient pas avec nous, n’adorent pas notre dieu et ne tiennent pas compte de notre honneur, ne se prosternent pas devant nous, se conduisent comme des hommes libres qui ne respectent pas nos idoles et n’écoutent pas nos ordres. Ainsi donc, réunissons nous, les leaders, les adjoints et les gouverneurs, pour délibérer [tenir conseil, ou promulguer] et élaborer un édit [une défense ; ou : pour réfléchir et prendre une décision], consigné dans les lois de Médie et de Perse, de façon à ce qu’il y ait aucun empêchement [ou : opposition] de les anéantir d’entre les habitants de toute la terre. Et envoyons des lettres à toutes les cent vingt-sept provinces de notre royaume [en ces termes :] tuez-les, eux, leurs enfants, leurs femmes et leurs bambins de façon à ce qu’aucun ne survive sous vos mains, le treizième jour du mois de Adar !
Comme ils firent à nos ancêtres et comme ils pensèrent à nous le faire. Que leurs biens soient confisqués. De la sorte vous trouverez grâce devant moi !
Ainsi est la teneur de la lettre qu’Artaxerxès, roi de Médie et de Perse, vous envoies !

CHAPITRE IV

Est 4,1 Or, Mardochée, ayant eu connaissance de tout ce qui s’était passé [déchira ses vêtements…]
En sortant du palais du roi avec les lettres entre ses mains,
Haman et tous les ministres du roi derrière lui, rencontra Mardochée. Mardochée, voyant trois écoliers sortant de l’école, leur demanda : récitez-moi vos versets ! Le premier commença : Ne crains ni la terreur soudaine ni l’irruption qui vient des impies. Le deuxième cita le verset : Formez un projet, il sera anéanti, prononcez une parole, elle ne tiendra pas, car Dieu est avec nous. Le troisième poursuivit en disant : Jusqu’à la vieillesse, je resterai tel, jusqu’à la sénescence, je supporterai, c’est moi qui suis intervenu, c’est moi qui soulèverai, c’est moi qui supporterai, et qui libérerai.
Promptement, Mardochée sourit. Haman lui dit : Qu’est ce que les enfants t’ont dit pour que tu sois si souriant ? Il répondit : Ils m’ont annoncé de bonnes nouvelles. Immédiatement, Haman, en son coeur entra en colère et dit : Je m’en prendrai d’abord à ces enfants. R. Yitshaq Nappaha dit : c’est par une grande et fausse
accusation que Haman calomnia Israël, ainsi qu’il est dit : Ces jours révolus, le roi donna à tout le peuple [‘am] présent à Suse la capitale… [un festin de sept jours dans la cour du jardin et du pavillon du roi]. Or, il n’y a pas de peuple [‘am] sauf Israël, comme il est dit : Les peuples [‘amîm] réclameront la montagne, là-bas ils offriront des sacrifices prescrits.

Haman dit à Ahashwerosh : le dieu de ces gens déteste la lubricité, dès-lors mets à leur disposition des prostituées, fait leur un banquet, et ordonne leur de venir manger et boire à leur gré [librement], ainsi il est dit : conformément au désir de chaque homme. Que quiconque désir y participer vienne, et celui qui ne le désir pas qu’il ne vienne pas, afin qu’ils ne puissent avoir d’excuse [de prétexte], en disant qu’ils étaient contraints d’y participer. Le roi décréta cela. Tout de suite après, Mardochée se leva et déclara : mes enfants, puisque cela dépend de votre volonté, ne partez pas afin que le Satan [l’accusateur] ne puisse disposer d’un motif d’accusation contre vous ! Or, ils ne tinrent point compte de ses propos et ils allèrent au banquet. RYishma‘ël dit : dix-huit mille neuf cents [personnes] allèrent au banquet, mangèrent, burent et parvinrent à l’avilissement [la corruption].

Alors, le Satan les accusa devant HQBH en Lui disant : Maître de l’Univers, jusqu’à quand resteras-tu attaché à cette nation, qui se conduit mal devant Toi [qui Te provoque] ? Si telle est Ta volonté, détruis cette nation du monde ! Il lui dit : la Thora, que deviendra-t-elle alors ? Il Lui répondit : contente-Toi des supérieurs [anges] ! HQBH également pensa de la sorte, et se dit,au même moment : Qu’en ai-Je de cette nation, qui multiplie mes peines jour après jour ? Ainsi qu’il est dit: Je me suis dit : Je les détruirai, je ferai disparaître chez l’homme leur mémoire !
Apportez-moi des rouleaux et inscrivez-y l’extermination ! Sans tarder, le Satan apporta des rouleaux, écrivit et signa. Dès que la Thora vit cela, elle sortit en ses habits de veuvage, et éleva sa voix en pleurs. À l’appelle de ses pleures, les anges du Service se mirent à hurler, ainsi qu’il est dit : Voici : les anges [Ereéllîm]poussent des cris dehors [les anges de la paix pleurent amèrement] et dirent : Si Israël ne verse des gouttes de sang le
huitième jour, en quoi serions-nous utiles pour le monde ?

Ainsi qu’il est écrit: S’il n’y avait pas mon alliance jour et nuit,je n’aurai pas établi l’ordre du ciel et de la terre ; Regarde l’alliance : oui, les opacités de la terre [sont remplies d’oasis de violence]. Au moment où le soleil et la lune entendirent cela,ils se vêtirent de sacs et se mirent à pleurer, ainsi qu’il est écrit : Le soleil et la lune s’assombrissent, les étoiles retirent leur clarté, et le ciel et la terre se mirent en deuil ainsi qu’il est écrit : Je revêts les cieux de noirceur, je leur mets un sac comme vêtement. À ce moment, Elie [le prophète] courut en hâte vers les Pères du monde [Patriarches], les justes du monde et les premiers prophètes, et leur dit : le ciel et la terre et les légions célestes pleurent amèrement, le monde entier est saisi d’un spasme [de douleurs] comme une parturiente, et vous, vous resteriez couchés tranquillement ?! Ils lui demandèrent : pourquoi tout cela ? Il répondit : Car un décret d’extermination a été pris contre les ennemis d’Israël parce qu’ils ont pris part avec plaisir au banquet d’Ahashwerosh. Du moment que Moïse entendit cela, il dit à Elie : Y a-t-il un homme intègre [pieux] dans cette génération ? Oui, répondit-il, il y a un homme dont le nom est Mardochée. Il lui dit : va l’aviser, qu’il se tienne, lui, debout [en prière] là-bas et nous ici ! Il lui dit : berger fidèle, on
a déjà mit par écrit et scellé l’extermination de ton troupeau. Il [Moïse] dit au Patriarches : si elle [la lettre] est scellée avec de l’argile, nos supplications [prières] seront entendues, et si elle est scellée avec du sang, ce qui est fait est fait. Elie alla alors chez Mardochée et l’avisa, comme il est dit : Or, Mardochée, ayant eu
connaissance etc. Et jusqu’à ce moment il n’en savait rien ?
Non, il ne craignait rien avant l’arrivée d’Elie qui l’informa du consensus de là-haut. Aussitôt, Mardochée déchira ses vêtements. Que fit-il ? Il rassembla tous les enfants de l’école des Maîtres, les priva de pain et d’eau, les vêtit de sacs, tandis qu’eux, criaient et hurlaient en pleurs.

A ce moment, l’Assemblé d’Israël dit devant HQBH : Maître de l’Univers, chaque fois que les nations du monde se lèvent contre moi, elles ne me demandent ni de l’argent ni de l’or, mais de nous annihiler de ce monde, comme il est dit : pour trancher la futaie de ses cèdres. Nabuchodonosor, roi de Babylone, s’est
levé contre moi avec le désir de m’anéantir, ainsi qu’il est dit: Il m’a dévoré, il m’a fait tressaillir, Nabuchodonosor, roi de Babylone. En quel moment m’a-t-il fait tressaillir ? Au moment où il plaça une idole au Temple. Il rassembla contre moi soixante-dix rois et me jugea devant eux, me demandant de me prosterner devant l’idole. Alors, Hananya, Mishaël et Azarya répondirent : Nous ne nous prosternons pas ! Il leur demanda : pour qu’elle raison ? Ils répondirent : Parce que les persécutions de HQBH sont plus graves que les tiennes et Il nous a prescrit : Tu n’auras point d’autres dieux face à moi. Il leur dit :pourquoi donc lui avez-vous désobéis ? Ils répondirent : c’est la cause qui nous a entraînés entre tes mains. Il leur dit : Ne craignez-vous pas ma fournaise ? Ils répliquèrent : penses-tu que ton feu est plus grave que celui de HQBH, ne sais-tu pas que HQBH a six [types de] feux? Il existe [notamment] le feu qui consume le feu : c’est celui de HQBH, qui consume le feu des anges du Service. Puis, il existe le feu qui craint celui de HQBH : À l’instant même où Hananya, Mishaël et Azarya furent jetés dans la fournaise ardente, Gabriel descendit pour refroidir le feu, et la fournaise n’eut plus le droit de bruler. Il existe aussi le feu qui mange et boit : c’est celui d’Elie, comme il est dit : et il lécha l’eau de la rigole. Ensuite, il existe le feu qui boit et ne mange pas : c’est le feu du soleil. Il existe aussi le feu qui mange et ne boit pas : c’est le notre. Enfin, il existe le feu qui ne mange ni ne boit : c’est celui des anges du Service. De plus, ton feu n’est qu’éphémère [limité dans le temps], alors que celui de HQBH, brûle l’homme pour toujours. De plus, on ne permet pas à son âme de le quitter, on la laisse se déchirer en lui. Quiconque s’éloigne de Lui de quatre-cents-trente parasanges, se brûle par lui [le feu]. Il y a sept cercles dans l’enfer, la profondeur de chacun est d’un million de parasanges. L’inférieur se nomme Arka. Il est moitié feu et moitié grêle, et lorsque l’impie y est condamné on le fait passer du feu à la grêle et de la grêle au feu.
Il possède aussi une autre qualité : il existe un scorpion avec neuf cent quatre-vingt dix-neuf vertèbres, dans chacune il y a neuf cent quatre-vingt dix-neuf pochettes de sang, et chaque pochette contient neuf cent quatre-vingt dix-neuf log. Or, quiconque renie sa foi en HQBH et se prosterne devant l’idole, est condamné à [les subir] toutes. Comment pouvons-nous alors nous prosterner devant une idole d’or ? Si les justes n’avaient
pas sanctifiés Ton Nom, nous aurions disparus du monde.
Maintenant, Haman l’impie s’est levé contre nous, et a demandé d’arracher la vigne, et a ordonné de ne laisser ni la moitié, ni le tiers, ni le quart, mais [d’arracher] la vigne entière, ainsi qu’il est dit : exterminer, tuer et anéantir tous les Juifs, de l’adolescent à l’ancien

Est 4,4 Les suivantes d’Esther et ses eunuques vinrent lui raconter, et la reine fut saisie de frayeur
Certains disent qu’elle était enceinte et fit une fausse couche, ainsi s’exprime le texte : Sur quoi mes hanches se remplissent de frisson, des contractions me saisissent comme les contractions d’une parturiente
.
Est 4,7 Mardochée lui fit part de tout ce qui était advenu [qarahou] 
Il lui parla allusivement de Haman, descendant d’Amaleq dont il est écrit : qui t’a surpris [qarekha] chemin faisant
.
Est 4,9 Hatak revint [et rapporta à Esther]
Quand Haman vit Hatak entrer et sortir il lui donna un coup de pied et le tua. C’est pourquoi [le texte] ne le mentionne plus.HQBH se dit : puisqu’il en est ainsi, l’esprit de sainteté leur servira [d’intermédiaire], ainsi qu’il est écrit : Mardochée dit de répondre à Esther.

CHAPITRE V

Est 5,14 Zèresh, sa femme, lui dit [qu’on dresse une potence… pour qu’on y pende Mardochée… le conseil plut à Haman, et il fit dresser la potence]
R. El‘azar dit au nom de R. Hanina : cet impie avait trois cent soixante conseillers, et aucun ne savait mieux [le conseiller] que Zèresh sa femme. Elle lui dit : cet homme dont tu parle, s’il est d’origine juive, tu ne pourras rien contre lui, si ce n’est par intelligence. Si tu le jettes dans une fournaise ardente, [saches que] Hananya Mishaël et Azarya en ont déjà échappés. Si tu l’enchaînes dans une prison, Joseph s’en est déjà sorti. Si tu
réchauffes en dessous de lui des fers à blanc, [saches que] Manassé, ayant intercédé [auprès du Ciel], fut exaucé par HQBH, dès lors il [Mardochée] en réchappera. Si tu l’envoies en exil dans le désert, ils [ses ancêtres] ont jadis fructifié dans ce lieu et se sont multipliés. Et si tu lui crèves les yeux, [saches que] nombreux sont ceux que Samson tua, en étant aveugle.
Pends-le donc à une potence, car nous n’avons pas trouvé quelqu’un [d’entre eux] qui en réchappa. Aussitôt, le conseil plut à Haman, et il fit dresser la potence. Il prit un cèdre du parc du pavillon, long de cinquante coudées et large de douze coudées.Certains disent que son fils Parshândata, qui était gouverneur[Hégmôn] en Cardonia [région du mont Ararat], lui amena [des vestiges] de l’arche de Noé. Il [Haman] la fit sortir alors avec chant et musique, la plaça devant sa maison, en se disant : demain, à l’heure de la lecture du Shéma‘ de
Shahrith, j’y pendrai Mardochée. Au moment où il la prépara il l’essaya lui-même. Une voix céleste répondit en lui disant : le gibet te convient parfaitement, il t’est réservé depuis les six jours du commencement. Sans tarder, il alla à la maison d’étude, là il trouva Mardochée assis, les têtes des écoliers roulant dans la cendre, leurs reins ceints de cilices, se lamentant tous en pleurs. Il ordonna de les compter et en dénombra vingt-deux
mille. Il attacha des chaînes autour de leurs cous et leurs pieds,désigna sur eux des gardiens et dit : j’égorgerai d’abord ceux-là et ensuite je ferai pendre Mardochée. Leurs mères leur apportèrent du pain et de l’eau et leur dirent : Nos enfants,mangez et buvez avant de mourir. Les enfants, eux, mirent leurs mains sur leurs livres et jurèrent en ces termes : Par la vie de Mardochée notre Maître, nous ne mangerons, ni ne boirons, mais
en notre jeûne nous mourrons [épuisés] de fatigue ! Chacun d’entre eux ferma alors son livre et le rendit à son Maître en disant : Nous étions d’avis que par le mérite de [l’étude] de la Thora nous aurions une longue vie, ainsi qu’il est dit : Oui, Il est ta vie, la longévité de tes jours. Maintenant, puisse que nous n’avons pas eut ce mérite, ramasse ton livre de nos mains ! Ils poussèrent ensuite des cris véhéments et amers. Les mamans, se
mirent à beugler comme des vaches, du-dehors, et les enfants - comme des veaux, du-dedans, jusqu’à ce que leurs cris ainsi que ceux des Pères du monde [les Patriarches] n’atteignent le Ciel. À la fin de la troisième heure de la nuit leur lamentation fut entendue devant HQBH. Les anges du service ont dit alors devant HQBH : Maître du monde, c’est le bêlement d’agneaux et de moutons que nous entendons ! Au même moment, Moïse notre Maître se tint en pleurs devant HQBH et dit : Maître du monde, il est fort connu devant Toi que ce n’est ni le bruit d’agneaux ni de moutons, mais la voix des petits de Ton peuple Israël qui sont dans le jeûne depuis trois jours tout en étant attachés par des anneaux et des chaines en fer. Demain ils seront
livrés à l’égorgement comme des agneaux et des moutons, à la grande joie du coeur de l’ennemi. À ce moment, la miséricorde de HQBH s’éveilla, et Il brisa les cachets, déchira les lettres, abattit le prestige [le pouvoir, la force] de l’impie et retourna son funeste projet contre lui. Il éleva ainsi le prestige d’Israël en lui
apportant la délivrance. R. Halbo dit : Le monde ne se maintient que grâce au souffle des enfants qui vont à l’école, et le funeste dessein d’Haman l’impie n’a été annulé que grâce à eux,ainsi qu’il est dit : Par la bouche des tout-petits et des nourrissons, tu fondes la force [contre tes adversaires, pour que chôme l’ennemi revanchard]. Et c’est d’eux que Samuel le prophète prophétisa : Quels sont les bêlements de ces ovins à
mes oreilles [et les meuglements des bovins que moi-même j’entends]. Et il n’y a de force que la Thora, ainsi qu’il est dit: L’Eternel donne de la force à son peuple242. Aussi : Ecartezvous de moi, vous tous, ouvriers de la fraude ! Car l’Eternel a entendu mes sanglots. Alors, les êtres d’en haut se réjouirent, et ceux d’en bas se remplirent de joie, et tous, remercièrent et  rendirent grâce à Celui qui avait parlé et le monde fut, ainsi qu’il
est dit : Que les peuples te rendent grâce, Dieu, que les peuples te rendent grâce, tous ensemble.


CHAPITRE VI

Est 6,1 En cette nuit, le sommeil fuyait le roi [il ordonna d’apporter le livre des annales, le recueil des chroniques, et elles furent lues devant le roi]
A ce moment l’ange Gabriel descendit chez Ahashwerosh pour ôter le sommeil de ses yeux. Il le jeta sur le sol trois-centsoixante-six fois et lui dit : Ingrat, rends du bien à ton bienfaiteur ! Immédiatement, il [Ahashwerosh] ordonna d’exécuter des groupes de boulangers, de cuisiniers et d’échansons et leur demanda : M’avez-vous donné du poison pour me faire disparaitre du monde ? Ils répondirent : Notre Seigneur le roi ! Vous avez partagé le même repas et les mêmes boissons qu’Esther et Haman, s’il s’avèrerait qu’ils sont, eux
aussi, dans le même état, tuez nous ! Sinon, pour qu’elle raison serions-nous condamnés ? On alla donc chez Esther et Haman et on constata qu’ils ne souffraient pas. Le roi reprit alors ses paroles et se dit : [Peut-être] y a-t-il quelqu’un qui m’a rendu un précieux service et que je n’ai pas récompensé ?!

Est 6,1 Aussitôt : Il ordonna d’apporter le livre des annales
R. Yohanân dit : Shimshaï, fils de Haman, lisait et lorsqu’il arriva à l’incident favorable à Mardochée, il tourna les pages,mais les pages se remirent d’elles-mêmes à l’endroit. Certains disent que les lettres furent lues d’elles-mêmes ce que Mardochée rapporta contre Bigtân et Téresh, ainsi qu’il est dit :et elles furent lues devant le roi.

Est 6,3 Aussitôt : Le roi demanda : Qu’a-t-il été fait d’honneur et de grandeur à Mardochée pour cela ? (Les courtisant chargés du service répondirent : Rien n’a été fait pour lui)
Au moment où on mentionna le nom de Mardochée devant lui, il [le roi] s’assoupit. Puis, il rêva que Haman se tenait debout, une épée à la main, prêt à le tuer. Le roi se réveilla, terrifié, et demanda: Qui est-ce dans la cour ?

Est 6,5 Les pages du roi lui dirent : voilà Haman qui se tient dans la cour
Il s’exclama alors : tout ce que j’ai vu dans mon rêve est vrai.

Est 6,5 Le roi dit : Qu’il entre
Il lui dit : je sais que tu es un bon conseiller et celui qui suit ton conseil ne connait point l’échec. Que convient-il de faire à un homme que le roi désire honorer ? Instantanément, Haman se dit en son coeur : À qui le roi désirerait-il faire honneur plus qu’à moi ? Haman était convaincu qu’il ne pouvait s’agir que de lui, c’est pourquoi il lui dit : Qu’on fasse venir un vêtement royal
.
Est 6,8 Qu’on fasse venir un vêtement royal
Que les nuits avaient tissé pour Baraq. (Un autre encore,appelé Itstébig, que l’on a apporté à Darius des pays d’outremer). Aussi, un autre vêtement que l’on a apporté à Cyrus,appelé Yaroq. Un autre, meilleur encore, nommé Shitroug,appelé aussi : Venahash Tov Yekhidini.

Est 6,9 Et sur la tête duquel se trouve la couronne royale
Et que l’un parmi les hauts dignitaires de la cour royale proclame devant lui en ces termes : Quiconque refuse de s’incliner et de se prosterner devant cet homme, sera condamné à mort et sa maison lui reviendra ! Dès qu’on mentionna devant lui le mot couronne, le visage d’Ahashwerosh s’empourpra, et il se dit :c’est mon rêve [qui se réalise] ! Du moment que Haman remarqua que le visage d’Ahashwerosh s’était transformé, il ne
mentionna plus ce mot [par la suite, et dit], seulement : Que l’on confie le vêtement et le cheval etc.

Est 6,10 Alors le roi dit à Haman :
En hâte, prends le vêtement [et le cheval dont tu as parlé] et fais ainsi à Mardochée le juif [qui siège à la porte du roi ; n’omets aucun détail de tout ce que tu as proposé !]
Il [Haman] lui dit : Mon seigneur le roi, n’avons-nous pas, vous et moi, écrit d’anéantir et d’exterminer Mardochée et sa race ? Il répondit : N’omets aucun détail de tout ce que tu as proposé ! À ce moment-là, Ahashwerosh appela Harbona et d’autres ministres pour l’accompagner, et leur dit : Faites attention à ce
qu’il se conforme entièrement à sa parole. Ils l’accompagnèrent. Dès que Mardochée aperçut Haman, il se dit
Il me semble que cet impie vient m’écraser avec son cheval. Il dit alors à ces élèves : Fuyez, afin que vous ne soyez pas brûlés de ma braise ! Ils répondirent : Pour la vie et pour la mort nous sommes tous avec vous ! Que fit-il ? Il se couvrit avec son châle et se tint debout en prière. Entre-temps, cet impie s’approcha d’eux et s’assit parmi les élèves. Qu’étudiez-vous ? demanda-t-il.

La loi du ‘Omér que [les enfants d’] Israël apportèrent [au Temple] comme offrande, répondirent-ils. Il leur dit : Était-ce fait d’argent ou d’or ? Ils répondirent : d’orge ! Il leur dit : combien cela valait-il, dix ou bien vingt quantars ? Ils répondirent : c’est énorme, dix mané seulement. Il leur dit alors :Levez-vous ! Car vos dix pièces ont vaincu mes dix mille talents d’argent. Dès qu’il [Mardochée] eut fini de prier, il [Haman] lui dit : mets ce vêtement royal ! Il répondit : Quoi, insultez-vous la royauté ? Y a-t-il un homme qui puisse se revêtir des vêtements royaux avant de s’être lavé ? Il [Haman] alla chercher un maître baigneur,mais n’en trouva point. Que fit-il ? Il ceignit ses reins et le lava lui-même. Dès qu’il [Mardochée] eut finit, il [Haman]lui dit : mets cette couronne ! Il répondit : Y a-t-il un homme qui puisse mettre une couronne royal avant de s’être fait couper les  cheveux ? Il [Haman] alla chercher un coiffeur, mais n’en trouva point. Que fit-il ? Il alla chercher chez lui des outils de coiffure et lui coupa lui-même les cheveux. Il [Haman] commença à gémir. Qu’est-ce que c’est ? Lui demanda Mardochée. Il répondit : Hélas pour cet homme, lui, qui était un haut dignitaire, chef de tous et maître du monde, le voilà garçon de bain et coiffeur [barbier] ! Il lui dit : Ne sais-je pas que le père de cet homme dont tu parle, fut garçon de bain et coiffeur, pendant des années, au village de Koriyanus, et que ces outils sont à lui ? Il [Haman] lui dit : Lèves-toi alors et monte à cheval. Je n’en ai pas la force, il répondit, car je suis un vieil homme. Il lui dit : Je suis aussi un vieillard. Il lui dit : Tu en es toi-même la cause. Il lui dit : Lèves-toi et monte ; je courberai mon cou, et en me piétinant tu pourras monter, pour accomplir ce qui est dit : [Heureux es-tu, Israël ! Qui est ton égal, peuple protégé de l’Eternel, le bouclier de son secours, le glaive de ton élévation !

Tes ennemis ramperont devant toi] Mais toi, leurs tertres, tu fouleras.
Quand il fut assis sur le cheval, on le glorifia, en ayant des torches allumées devant lui. Quant à lui, il loua HQBH, en ces termes : Je t’exalte, Eternel, car tu m’as relevé, tu n’as pas réjoui mes ennemis à mes dépens, Eternel, mon Dieu, je t’ai appelé et tu m’as guéri. Eternel, tu as fait monter mon être du Shéôl, tu m’as vivifié, loin des gisants de la fosse. Et ces disciples de répondre : Chantez pour l’Eternel, vous, ses fidèles,célébrez-Le en invoquant Sa sainteté. Sa colère, d’un instant,toute une vie, en son vouloir ; au soir, la nuitée des pleurs, au matin, la jubilation. Que dit cet impie : Et moi, tranquille, je disais, je resterai inébranlable, en pérennité. Eternel, Ta faveur m’a fixé sur de fortes montagnes ; Tu as voilé Ta face, je fus bouleversé. Esther dit : Vers Toi, Eternel, j’appelle, à Dieu je demande grâce. Quel profit de mon sang, à ma descente au pourrissoir ? Te célèbre-t-elle, la poussière ; proclame-t-elle Ta vérité ? L’Assemblée d’Israël dit : Ecoute, Eternel, et gracie moi,Eternel, viens-moi en aide ! Tu as changé ma lamentation en ronde, pour moi ; Tu as ouvert mon cilice et m’as ceint de joie. R. Pinhas dit : En étant occupé par la lecture du Shema‘,il ne parvint pas à achever : Pour que la gloire Te chante sans plus se taire, Eternel mon Dieu, en pérennité, je te rendrai grâce
.
Est 6,12 Puis Mardochée s’en revint à la porte du roi
Ceci nous enseigne qu’il retourna à son cilice et à son jeûne.
R. Halbo dit : Quiconque se recouvre d’un cilice et entreprend un jeûne, ne le quittera pas avant que sa demande ne soit exaucée.

Est 6,12 Et Haman, gagna précipitamment sa maison
En ayant entre ses mains, quatre travaux [services] : garçon de bain, coiffeur, simple soldat et crieur publique.

Est 6,14 Ils s’entretenaient encore avec lui, quand des eunuques royaux arrivèrent [pour conduire Haman en hâte au festin organisé par Esther]
Esther dit : Haman est un homme de pouvoir, et ses enfants, gouverneurs des villes – avant donc qu’ils se révoltent !

CHAPITRE VII

Est 7,10 On pendit donc Haman à la potence [qu’il avait préparée pour Mardochée, alors la fureur du roi s’apaisa]
De quel arbre s’agissait-il ? Les Sages ont dit : Au moment où il s’apprêta à la préparer, HQBH appela les arbres et leur dit : Qui parmi vous est prêt à se sacrifier pour la pendaison de cet impie ?
Le figuier disait : je suis prêt, car c’est de mes fruits qu’on apporte les prémices. De surcroit, c’est à moi que l’Assemblée d’Israël est comparée, ainsi qu’il est dit : Comme un fruit précoce sur un figuier, dans sa primeur, j’ai vu vos pères. La vigne disait : je suis prête, car c’est à moi que l’Assemblée d’Israël est comparée, comme il est dit : La vigne que Tu as retirée d’Egypte. Le grenadier disait : je suis prêt, car c’est àmoi que l’Assemblée d’Israël est comparée, comme il est dit : Comme une fente de grenade, ta tempe [à travers ton litham].Le noyer disait : je suis prêt, car c’est à moi que l’Assemblée d’Israël est comparée, comme il est dit : Au verger du noyer je descends. Le cédrat disait : je suis prêt, car c’est de moi qu’Israël prennent [des fruits] pour [accomplir] le commandement [du loulâb], comme il est dit : [Prenez pour vous, le premier jour] le fruit de l’arbre de la splendeur. Le myrte disait : je suis prêt, car c’est à moi que l’Assemblée d’Israël est comparée, comme il est dit : Il se dresse entre les myrtes. L’olivier disait : je suis prêt, car c’est à moi que
l’Assemblée d’Israël est comparée, comme il est dit : Olivier luxuriant, fruit de belle tournure283. Le pommier disait : je suis prêt, car c’est à moi que l’Assemblée d’Israël est comparée, comme il est dit : Sous le pommier, je t’ai éveillé. Le dattier disait : je suis prêt, car c’est à moi que l’Assemblée d’Israël est comparée, comme il est dit : Ta stature, que voici est comparable à un palmier. Le saule disait : je suis prêt, car c’est à moi que l’Assemblée d’Israël est comparée, comme il est dit : [Ils germent entre les herbages] comme des saules près des ruissellements d’eaux. Le cèdre disait : je suis prêt, car c’est à moi que l’Assemblée d’Israël est comparée, comme il est dit : Il s’étend comme un cèdre du Liban.

A cette heure-ci, le chardon se présenta devant HQBH et dit devant Lui : Maître du monde ! Impartial et Incorruptible ! Moi, qui n’ai aucun mérite, je donnerai mon âme pour que cet impie soit pendu sur moi. Immédiatement, Il accepta. Au même moment, cet impie donna l’ordre à ses serviteurs de dresser une
potence, haute de cinquante coudées, pour qu’elle soit visible de toute part dans la cité. On lui dit : Où trouve-t-on une telle [potence], si ce n’est dans votre maison ? Certains disent qu’il détruisit sa galerie, l’a prit de là-bas et l’a prépara. Mais, HQBH lui rendit la pareille : Il fut pendu, lui et ses enfants.
Puisse HQBH anéantir les [mauvaises] intentions de nos ennemis, et établir la paix sur tout Israël, Amen.
R. Yéhoshouwa‘ b. Lévi dit : Viens voir, combien grands sont les humbles. A l’époque du Temple, celui qui offrait un holocauste, recevait la récompense d’un holocauste, une oblation, la récompense d’une oblation, mais à notre époque, être d’esprit humble équivaut à tous les sacrifices du monde, ainsi qu’il est dit : Les sacrifices de Dieu : un esprit brisé. De plus,sa prière n’est pas repoussée, ainsi qu’il est dit : un coeur brisé,
contrit, Dieu, Tu ne rejettes pas. Aussi : Dieu, proche des coeurs brisés, Il sauve les humbles d’esprit.

http://www.unige.ch/theologie/macchi/articlesonline/Abba-Gourion-Esther.pdf

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